Aids Wolf

The Lovvers LP

The Lovvers LP

 Label :     Lovepump United 
 Sortie :    mardi 14 février 2006 
 Format :  Album / CD   

Qu'attendre d'un groupe dont le but avoué est de faire de la musique sonnant comme "une pieuvre mangeant de la bouillie dans un sac de polyéthylène" ?
A vrai dire, pas grand chose. Déjà, quand Siouxsie And The Banshees affirmaient qu'ils voulaient une guitare sonnant comme "un cheval tombant d'une falaise", j'avais du mal à imaginer mais encore, ça restait assez classique, une sorte de vision romantique. Mais là...
En réalité, la musique est certes bruitiste et expérimentale, mais on avance en terrain relativement balisé, puisqu'il s'agit de noise rock (plutôt extrême, il ne faut pas se le cacher). Un peu dans la lignée des premiers albums de Sonic Youth.
Les hurlements de la chanteuse, les sons triturés, dissonants, perçants, pénétrants des guitares, et les sons concassés de la batterie, produisent un magma sonore assez pénible à écouter pour un être humain normalement constitué - même si de la douleur au plaisir il n'y a parfois qu'un pas -, bien qu'on finisse par distinguer (peut-être en partie par auto-suggestion ?) des semblants d'embryons de mélodies. Un peu comme si des malades mentaux s'étaient amusés à tenter de faire des chansons à partir du Metal Machine Music de Lou Reed.
Le nom du groupe, AIDS Wolf, provient d'une légende urbaine prétendant que les loups portent le SIDA et le transmettent aux animaux de compagnie, qui le transmettent eux-même aux humains.
Bien plus que la phrase citée en début de chronique, cette signification du nom du groupe est sans doute une clé pour comprendre la musique de AIDS Wolf. Leur univers semble assez axé sur la sexualité, le danger, la maladie, la sauvagerie. Cette impression est confirmée par les titres des "chansons" : "Spit Tastes Like Metal", "Chinese Roulette", "We Multiply", "Vampire King" (le vampire peut être celui par qui les MST se transmettent..), "Some Sexual Drawings", etc. Peut-être est-ce une façon d'envisager de manière symbolique un certain retour de la nature sauvage dans les sociétés contemporaine urbaines (le groupe est de Montréal) déshumanisées ? Même si cette réappropriation se fait de manière violente... Ou alors une modernisation du fantasme de la peur du loup qui a toujours alimenté l'inconscient (et même le conscient) collectif en Occident, le loup représentant par excellence la nature sauvage, donc inquiétante, s'opposant à et entourant la nature cultivée et humanisée ? D'ailleurs, après tout, le Canada, c'est avant tout des îlots urbains perdus au milieu d'immensités forestières...
Plus prosaïquement, The Lovvers LP se laisse écouter avec intérêt. Le chant et l'instrumentation sont maîtrisés, le groupe fait preuve d'une certaine maturité. Il ne s'agit pas d'expérimenter pour expérimenter, de faire du bruit pour faire du bruit. Mais la formule tend à lasser à la longue. C'est sans doute pour ça que l'album n'est constitué que de 8 pistes et ne dure pas plus de... 25 minutes !


Pas mal   13/20
par Gaylord


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