Tristeza

Spine & Sensory

Spine & Sensory

 Label :     Makoto 
 Sortie :    avril 1999 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Tristeza fait son intronisation dans le milieu post rock grâce à ses tournées à répétition au départ faites pour lancer leurs premiers morceaux. Et c'est après avoir plutôt bien défendu leur premier 7' Foreshadow/Smoke Through Glass que deux ans après sa formation, le groupe de San Diego ajuste son rock instrumental avec Spine & Sensory. Alors que certains privilégient les crescendos à répétitions ou les grosses harmoniques épurées libérées au compte-goutte, le quintet possède un tout autre raisonnement. Sans délier leurs morceaux, ni les résumer à deux trois énormes montées, il enchaîne les phases musicales avec beaucoup d'instinct et en gardant une cadence qui paraît inarrêtable. L'atmosphère est chargée en notes et les temps morts ne semblent pas faire partie de leur langage. Tristeza ne se contente pas de réciter ses gammes camouflées derrière de longues phrases ni de faire dans les titres épiques et dantesques de dix minutes. Au contraire, Spine & Sensory discret mais pas moins cérébral s'écoute d'un trait à tête reposée. Jimmy La Valle et Christopher Sprague sont à la barre avec leur guitare nébuleuses et songeuses dans le confins de leur univers. Leur sonorité est claire, vive, apaisante et sans pli. Secondés par Stephen Swesey au clavier (peu audible excepté sur "Cinematography" qui lui est consacré), Luis Hermsillo à la basse (à 2OO à l'heure sur "Memphis Emphasis") et Jimmy Lehner à la batterie, ils engagent des structures longuement répétitives auxquelles se greffent de nombreux ponts et soubresauts redynamisant les morceaux avant de retomber sur des riffs souvent entêtants. Néanmoins, ils font tout cela sans tourner le bouton du volume ou écraser la pédale de saturation. "Golden Hill" est une belle démonstration de cette force invisible. Certains titres rappellent ainsi Do Make Say Think ("When We Glow" qui tel un gros diesel démarre réellement qu'au bout de six minutes) avec leur déphasage jazz. D'autres au contraire sont du Tristeza pure souche comme "Muerte En Tu Sueno" espèce de jam auquel on aurait été convié ayant pour seul interlocuteur une guitare cherchant la mélodie qui fait mouche, ou encore "RMS 2000" plongée sous marine enivrante dans un dub inattendu. Un tout premier LP onduleux et captivant, malgré une petite baisse de régime sur la fin, qui repousse déjà les limites de leur registre de prédilection. Une nouvelle figure de proue du genre est née.


Très bon   16/20
par TiComo La Fuera


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