Moonshake

Big Good Angel EP

Big Good Angel EP

 Label :     Too Pure 
 Sortie :    1993 
 Format :  Maxi / CD  Vinyle   

EP, ou mini-LP, ou même parfois qualifié de maxi-EP, "Big Good Angel" regroupe 6 titres effarants aux sacrés sons.
"Two Trains" démarre ce disque à 300 à l'heure, embarquant direct l'auditeur dans un TGV supersonique, où tout va si vite que l'on y perd son latin. On descend à "Capital Letters", ville fantôme à l'ambiance groovy mais angoissante, pour plonger dans "Girly Loop", rivière rythmique hantée de dangereuses sirènes. Ayant refait surface à "Séance", berge imaginaire, à la fois paisible et tourmentée, on plonge à nouveau dans l'univers aquatico-mécanique qu'est "Flow", pour finalement s'échouer sur "Helping Hands", port bizarroïde au groove mutant.
Quel voyage...


Excellent !   18/20
par X_Shape104


 Moyenne 16.00/20 

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Posté le 09 novembre 2008 à 22 h 15

Big Good Angel est un mini-album des Anglais de Moonshake. La formule, répétée à l'envie, déclinée au gré de ces six morceaux, repose sur une basse dub, sourde, lancinante et hypnotique, une batterie jazzy et groovy, quelques samples, un peu de guitare, le tout donnant une impression à la fois de minimalisme et de richesse. Les deux vocalistes, masculin et féminin, se partagent la moitié de l'écriture des chansons ainsi que le chant, ce qui amène un semblant de diversité, sur un mode certes binaire et alternatif, dans ce mini-album compact et concis. Une formule on ne peut plus éloignée de celle des Wolfhounds, le précédent groupe du chanteur. Méconnus, et pourtant un des fleurons de la pop de la fin des 80's, comptant pas moins de trois guitaristes dans leurs rangs, les Wolfhounds jouaient une pop biscornue, énergique et légèrement noisy. Moonshake n'a plus grand chose de rock, et encore moins de pop. Alors que la musique des Wolfhounds se distinguait par les mélodies, l'omniprésence des guitares, une fougue juvénile et primesautière, celle de Moonshake repose sur les ambiances, avec pour corollaire le travail sur les rythmes et les sonorités. Des ambiances urbaines, légèrement moites et oppressantes, parfois crépusculaires, d'autres fois plus sensuelles, avec souvent une teinte onirique ou surréaliste (les effets de collages sonores accentuant cette dernière sensation). Une musique plus new yorkaise que britannique, en quelque sorte, qui plaira davantage aux amateurs de Morphine (même si les compositions de Moonshake sont beaucoup moins directes et punchy, et plus lascives) qu'aux orphelins des Smiths ou aux nostalgiques de House Of Love. Peu d'ex-leaders de groupes culte (enfin... toutes proportions gardées) ont eu l'audace de repartir sur des bases aussi dissemblables de leur terreau d'origine, de s'aventurer dans des territoires aussi étrangers à leur univers familier, tout en restant crédibles, que l'ex-chanteur-guitariste de Wolfhounds. Moonshake n'aura d'ailleurs pas tellement plus de succès que son précédent avatar. Même si Big Good Angel n'est pas la meilleure production du combo, on peut saluer cette tentative de reconversion inattendue mais convaincante.
Sympa   14/20







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