Yellow Magic Orchestra

Solid State Survivor

Solid State Survivor

 Label :     Alfa 
 Sortie :    1979 
 Format :  Album / CD  Vinyle  K7 Audio   

1979. A peine 1 an après la matrice absolue de l'électro-pop balancée par Kraftwerk avec The Man-Machine, le japon envoie la réponse du berger à la bergère.

Yellow Magic Orchestrac'est le jouet de Ryuishi Sakamoto un étudiant des beaux arts élevé au jazz et à la musique électronique. Et même si dans leur carrière ils ne sortiront qu'un bon album, ils l'ont sorti et laissé au passage un jalon important dans l'évolution de la musique.
Solid State Survivor c'est des mélodies bien planantes et dansantes qui mettent en avant le coté pop de l'électro-pop grâce à des mélodies sucrées, enjouées et ultra efficace. Dès les premières écoutes de la version remastérisée (très bien foutue) on plonge dans un univers synthétique où les voix vocodés et les rythmiques répétitives font référence. En faisant rencontrer des éléments issus de diverses cultures avec un sens de l'humour et du second degré indéniable, YMO à pondu à sa façon sa vision de l'avenir dans laquelle de nombreuses personnes allaient s'engager. C'était avant la techno-pop, avant Détroit et ses défricheurs avant les nouvelles vagues du nouveau disco et autres bizarreries sonores. Moins poseur que la new-wave, complètement à l'opposé des punks et post-punk mal dégarni, on se retrouve avec un bijou qui serait bien difficile de dater si on n'avait pas de référence. Déjà hors du temps à sa sortie, ça n'a pas vraiment changé. Ça sortirait aujourd'hui ce serait 3 tubes potentiels et un buzz sans nom à prévoir.

25 ans plus tard, vlan dans la gueule ça ne vous rajeunit pas, ce disque tient sa saveur unique comme un bon cru se bonifiant avec l'âge.

Profondément Jubilatoire.


Excellent !   18/20
par Mozz


 Moyenne 18.00/20 

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Posté le 10 juillet 2014 à 14 h 47

Il y a deux ans je découvrais Yellow Magic Orchestra (YMO pour les intimes) dans les quelques disques d'un ami dessinateur... Cet album se nomme Solid State Survivor. Rien qu'a la pochette, je devine une musique assez bizarre, a voir ces trois japonais habillés en chinois communistes accompagnés de mannequins. Lors de la première écoute, c'est le "pouah" qui domine, mes oreilles n'étaient pas encore vraiment habituées a cette musique un poil ringarde aujourd'hui... (j'ai fait écouter a mes petits cousins : "c'est quoi ta musique des années 30 ?")

Quelques années plus tard et une culture dans la musique électronique qui s'agrandit, je retombe sur cet album. Je réécoute et je me dis que ces japonais avaient tout compris, 20 ans trop tôt. L'album composé de huit pistes se termine assez rapidement mais la claque musicale est bien présente... Je me met a faire des recherches sur le groupe, je tombe sur quelques clips multicolores et (très) ringards, puis je découvre que YMO est en fait composé de trois membres permanents : Ryuichi Sakamoto (synthés et chant), Harry Hosono (basse et synthbass) ainsi que Yukhiro Takahashi (batterie et chant). La formation a pu sortir une dizaine d'albums, le premier album éponyme en 1978 et le dernier sorti en 1993 sous le nom Technodon. Officiellement séparés en 1984 pour suivre une carrière solo, les trois membres se sont reformés brièvement en 1993 pour un album et une tournée puis se reforme une nouvelle fois en 2007. Ils continuent de tourner depuis cette date mais les concerts sont très rares.

Solid State Survivor démarre (en fanfare) sur "Technopolis"; hommage non caché a la métropole Tokyo. La piste est quasiment instrumentale et rappelle (comme pour tout l'album) les musiques de mangas et autres jeux vidéos japonais des années 90. La musique ressemble a de l'italo disco matinée de culture japonaise. A noter que le vocoder est très présent sur l'album, ce qui fait le lien avec la disco robotique de Giorgio Moroder.
"Absolute Ego Dance" reprends la même formule que "Technopolis" en plus dansant, le rythme est soutenu et la musique très joyeuse.
Suit "Rydeen", peut-être le morceau le plus connu du groupe, tout en rythme soutenu et en culture japonaise. Comme tous les autres, très joyeux et bien rythmé ! Le morceau démarre avec des sons rappelant un certain "Trans-Europe Express" allemand puis enchaine sur de puissants accords de synthés cheesy. Pour un réveil rapide et dans la bonne humeur, je recommande "Rydeen" !
"Castalia" sert de pause dans ce défilé de bonne humeur. Le morceau est lent et limite dépressif avec son Mellotron en arrière plan. N'empêche, cela fait du bien de respirer avant de reprendre une claque.
En effet, le morceau suivant "Behind the Mask" est à mes yeux le meilleur de YMO. La combinaison des styles occidentaux et nippons atteint son apogée ici. Le chant de Sakamoto passé au vocoder ainsi que l'omniprésence de l'entêtante mélodie passée au synthétiseur rend le morceau sublime. A noter que ce morceau fut repris a de nombreuses reprises et par des artistes plutôt très connus tels que Michael Jackson ou Eric Clapton...
La reprise des Beatles "Day Tripper" sert un peu de récréations pour les membres de YMO. Le chant n'est pas passé au vocoder, et la mélodie reste la même, mais passée à l'essoreuse nippone composée de synthé... (et de guitare, rare sur l'album!)
Le morceau suivant rappelle indéniablement la musique électronique occidentale, aussi bien Kraftwerk que le jeune Gary Numan de l'époque. "Insomnia" est une piste lente et peu joyeuse, très mécanique dans le rythme mais sans quitter le traitement nippon.
L'album se termine sur le morceau titre, sorte de techno-pop/rock et pour une fois non chantée au vocoder (!)... Cela dit, le morceau me rappelle des bandes sons de nanar de SF, ou bien même le thème de la Soupe aux Choux...

Au final, Solid State Survivor rentre dans le genre tout nouveau du synthpop en se basant sur deux courants majeurs : la disco et la musique électronique allemande. On pourrait alors parler d'YMO comme étant les Kraftwerk japonais... Pourtant, ils sont uniques en leur genres et différents des hommes machines allemands. (A noter que les deux groupes se rencontreront lors du passage de Kraftwerk a Tokyo lors de leur Computerwelt Tour en 1981). Aussi, les Yellow Magic Orchestra laisseront une empreinte durable dans la musique japonaise, on en retrouve l'héritage comme je le disais déjà dans la musique de manga et de jeux vidéos, mais aussi bien évidemment dans la musique techno...
Excellent !   18/20







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