Soft Machine

Third

Third

 Label :     Columbia 
 Sortie :    jeudi 01 janvier 1970 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Bref historique : L'album Third, véritable ovni sorti en 1970, est composé de 4 titres faisant chacun environ 19 minutes. C'est l'album clé de Soft Machine. C'est celui qui les fera rentrer dans l'univers jazz, dans l'Histoire, et sera la dernière contribution de Robert Wyatt au groupe, avant d'aller faire ces expérimentations solo. Third est souvent cité comme l'un des plus grands albums de tous les temps (si ca peut aider à vous le faire aimer...).
On peut rajouter qu'il leur valut de recevoir la grande gidouille du Collège de pataphysique.

L'album s'ouvre sur une sorte de freejazz électronique, des instruments éparses s'exprime, un saxo qui se plaint... On peut aussi entendre un synthé, un orgue, une basse, des bruits étranges...
Discrètement, la basse s'immisce, puis la batterie, tout commence alors à se structurer. Un thème donné pas le saxo, des solos d'orgue, pas de doute, les règles sont jazzy. l'orgue et le saxo sont carrément enragés, s'entrechoquant, à celui qui criera le plus fort.

La musique qui suit en est déroutante, car elle évolue sans cesse, change de forme et de rythme. C'est la caractéristique principale de l'album. Normal me direz-vous dans des titres de 20 minutes...

"Slightly All The Time" sera dans la même trempe, des sons toujours jazzy, moelleux. Une flute qui intervient, un orgue basse facon doors. En somme, des instruments caractéristique du mouvement psychédélique et du naissant rock progressif. On pense notamment a King Crimson (on peut aimer Soft machine sans aimer King Crimson, je vous rassure).

Arrive "Moon In June". D'un seul coup, après 40 minutes de musiques instrumentales, on entend une voix humaine. C'est Robert Wyatt et son timbre si caractéristique et l'orgue de Mike qui suit cette voix qui gigote dans tous les sens, en balayant son clavier.
Ce morceau est un pied de nez à tous les détracteurs de Soft Machine. En 9 minutes, il compresse l'équivalent de plusieurs morceaux, ne gardant que leur substantifique moelle. Ce petit passage qu'on aime tant dans un morceau pop, le principe du riff. Eux, construisent uniquement avec ça.
D'une facilité nébuleuse, la musique se module, se transpose, s'accélère, ralentit, mute complètement. Tout ca naturellement. Il n'y a pas de structure, simplement un fil directeur, tout comme la définition première de la musique et de l'improvisation. On a l'impression qu'il pourrait ne jamais s'arrêter. Leur seul obstacle sera la fin de la galette (Déjà 2 vinyles..).
Mais les instruments reprennent le dessus, et réinventent la suite. La donne ne change pas, ca n'arrête pas, et on ne reprend pas son souffle.

"Out Bloody Rageous" sera un amoncellement de boucles, certaines à l'envers, certaines accélérées, formant une spirale, qui s'amplifie, qui avance donnant une transition vers un jazz plus classique, et cette volute qui revient et vient clore tout ça...

On peut noter au passage l'utilisation novatrice de la synthèse sonore, des bandes magnétiques, le fait d'inverser les sons. Ce qui a cette époque analogique, devait être franchement prise de tête.

Apres cette description, vous allez me dire ce que fait cet album dans un site de rock indépendant. C'est une sorte de passage entre le monde rock et jazz. Comme par exemple certains groupes de Constellation Records qui reprennent des musiques judish, c'est une manière d'aborder un style, d'une façon rock. Et c'est ca qu'on aime, car c'est l'émotion qui passe en priorité.


Intemporel ! ! !   20/20
par Uprising


 Moyenne 17.75/20 

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Posté le 17 septembre 2008 à 14 h 48

Les bizarreries ne manquent pas sur quatre décennies de discothèques idéales confondues. Ce Third débute sur un bourdonnement sourd avec "Facelift". Puis arrivent des palabres d'un orgue qui se transforment ensuite en folie furieuse, comme si Pete Townshend s'était approprié le vaisseau mère de Rencontre Du Troisième Type pour dialoguer avec les humains avant de le faire probablement crasher sur la montagne. Puis ça se calme en passant par des moments transitoires de jazz un peu chiant puis, d'un coup, c'est comme si le schizophrène du Roi Cramoisi s'incruste dans la structure de la machine molle tel un saut d'humeur. Après cette séquence, rien n'empêche de chausser des pantoufles, de s'allumer une bonne pipe, de s'asseoir, les fesses sur un canapé dans un coin du salon et ouvrir un numéro de mots croisés. Les entremêlements successifs de jazz-rock et d'expérimentations électroniques finissent par lasser souvent à défaut de stimuler des 'papilles auditives'. Au pire pour "Slightly All The Time", à l'inverse de "Moon In June", certes la pièce qui se sort bien du lot, car elle semble déjà plus humaine grâce à la présence vocale de Robert Wyatt et marque une différence par rapport au trois quarts restants. Le dernier quart, "Out-Bloody-Rageous", offre des alternances entre des ondées spatiales de synthétiseurs virevoltants pour le bon côté et de jazz casse-burnes pour cocktails privés pour le côté ennuyeux.

Alors tant pis, l'album est là, mi intéressant et mi chiant au possible. Third est un OVNI complexe et rempli d'imprévisibilités, un album culte pour des mordus du genre. Dans le cas contraire, il ne risque pas de provoquer un pincement au coeur à vouloir le refourguer à autrui, même gratuitement.
Passable   11/20



Posté le 16 octobre 2008 à 22 h 13

Leurs deux premiers volumes ayant rencontré succès critique, et succès public (dans la limite de ce genre de musique), les représentants de 'l'école de Canterburry' Matching Mole, voient en grand pour leur troisième album, assez subtilement nommé Third.
Sur chacune des faces des 2 vinyles (plus ou moins 20 minutes), un unique morceau (et un morceau unique) : thèmes très développés, longues improvisation mais malgré tout, on accroche plutôt facilement à l'album car son exigence en fait un joyau difficile mais tout de suite beau.
Le premier morceau "Facelift" est un live. Tout simplement bluffant : la cohésion, l'énergie et le contrôle se retrouve dans chaque mesure, digne de représentant de ce qu'on appelle 'jazz rock'.
J'aimerais revenir quelques instants sur cette appellation : pour la fusion de ces deux musiques, une connaissance poussée de l'harmonie et des modes jazz est indispensable ; les groupes prétentieux tentant de faire du jazz-rock sans l'humilité de laisser sa place au mot "jazz" rendent un résultat consternant et inécoutable. Heureusement, Soft Machine évite toujours cet écueil, en restant humble mais exigeant.
Les deux morceaux écrits par Ratledge sont plus expérimentaux que le premier, avec une utilisation novatrice des enregistrements (à l'image de Miles Davis un an auparavant) et une écriture osée. Sur "Out-Bloody-Rageous " on a l'impression de passer de Jefferson Airplane trituré par Jimi Hendrix à un thème de Charlie Parker. Mais le tout se fait tellement habilement que la transition ne choque pas, et au contraire attire l'oreille.
Quant au morceau écrit par Wyatt, "Moon In June", il est tout simplement magnifique. Une pop d'une finesse jamais égalée interprétée avec passsion par un groupe de jazz ; et ce chant, cette voix qui assemble des dizaines de mélodies avec ce timbre inimitable... Écoutez-le une fois, vous comprendrez pourquoi il est devenu un must pour tous les amateurs.

Un essai brillant, tour à tour expérimental et touchant ("Moon in June"), un must d'un genre qui apparaît de manière grandiose à l'époque (Davis, Zappa) mais qui retrouvera hélas rarement plus tard des albums de cette qualité.
Intemporel ! ! !   20/20



Posté le 24 septembre 2011 à 19 h 11

Third fait partie de ces questions existentielles qui jamais ne trouveront de réponse, ces œuvres fascinantes que beaucoup se forcent à classer. On parle de Rock, on parle de Jazz, de musique Pop, Third n'est aucun d'entre eux. Third va à contre courant ; mieux, il a son inertie propre. C'est le genre d'album qui prouve qu'il y a bien une échappatoire à cette manie contemporaine de classifier la musique. A l'instar de Captain Beefheart et de son Trout Mask Replica, Soft Machine a créé un album qui se suffit à lui même, qui ne peut être ni comparé, ni étiqueté.

Il m'est impossible d'associer des mots à cette musique, l'impression de mettre les pieds dans une terre nouvelle est devenue coutumière à chaque écoute, cette œuvre est incontournable, insoluble, elle porte une énergie fantastique qui semble contenue, mais qui finit toujours par éclater au grand jour.

Notons pour finir que Third n'est pas la dernière contribution de Soft Machine en compagnie de Robert Wyatt, ce dernier quittera le groupe après la sortie de Fourth un an après.

Bien plus qu'un album, une entité sonore incontournable.
Intemporel ! ! !   20/20







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