Cluster

Zuckerzeit

Zuckerzeit

 Label :     Brain 
 Sortie :    1974 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Quand, en 1975, Hans Joachim Roedelius et Dieter Moebius s'attèlent à concevoir ce Zuckerzeit, probablement sont-ils loin de se douter qu'ils enfanteraient leur plus beau rejeton, celui qui leur vaudrait reconnaissance publique et respect de leurs pairs.
De toute façon, il y a des signes qui ne trompent pas. Si, par exemple, un homme est intimement persuadé que Dieu lui parle dans son sommeil, et que le dit Dieu, caché dans son testicule droit, souhaite qu'il trouve les plus grosses jantes possibles à monter sur sa R19 ; si sa femme, tournant pourtant au Valium, croit son mari et fait tout pour l'aider à trouver les plus grosses jantes possibles à monter sur sa R19 ; et si le couple passe sa journée à écouter Johnny et NRJ dans leur R19, alors il y a de fortes chances que le pauvre enfant fruit de cette relation débute dans la vie avec une sacrée envie de retourner d'où il vient... Au contraire, si un album de rock allemand des années 70 est co-produit par le légendaire Conrad Plank et Michael Rother (ancien membre éphémère de Kraftwerk et membre de Neu !), et que les deux compositeurs de l'album en question ont déjà osé commettre deux superbes premiers essais, dès lors l'odeur du chef d'oeuvre commence à flotter dans l'air... Un chef d'oeuvre que Pitchfork classera d'ailleurs, bien des années plus tard, au 63e rang dans le top 100 des albums les plus importants de la décennie 1970 (devant Faust IV (Faust), Dark Side Of The Moon (Pink Floyd), Parallel Lines (Blondie)...).
Oubliés cette fois-ci les morceaux torturés et expérimentaux des premiers opus, Cluster s'oriente désormais vers de l'electro-pop au format plus traditionnel (dix titres dépassant rarement les quatre minutes trente), aux sonorités plus linéaires et abordables. Tantôt aériennes et passe-partout, tantôt étranglées et sombres, les bases de l'electronica sont ici jettées dans un album qui deviendra vite une référence, la galette de chevet des Aphex Twin et autres Chemical Brothers. 32 ans de culte et pas une ride ne vient déformer la peau douce, épilée à la boîte à rythme enduite de bidouillages électros, de ce chef d'oeuvre d'avant-gardisme allemand. Les fétichistes d'influences et de filiation ne passeront pas à côté de l'aphrodisiaque odeur des préceptes minimalistes et ambiants des monstres sacrés Terry Riley et Karlheinz Stockhausen.
Zuckerzeit, soutenu par un excellent premier/deuxième album éponyme (réédité en 1980 en tant que Cluster '71), ouvrit ainsi aux deux compères les portes de plusieurs collaborations fructueuses avec Brian Eno, Guru Guru, Ash Ra Tempel, Kraftwerk, Neu ! ... Pourtant, aucun de ses travaux bâtards ne parviendra à égaler ceux réalisés en 1974 et 1975, toujours avec Michael Rother cette fois-ci membre de la formation, au sein du 'super-groupe' du krautrock, Harmonia. Mais ceci est une autre chronique...


Exceptionnel ! !   19/20
par JoHn DoriAne


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