The Bird And The Bee

The Bird And The Bee

The Bird And The Bee

 Label :     Blue Note 
 Sortie :    mardi 23 janvier 2007 
 Format :  Album / CD   

Mais qu'est ce que c'est encore que cet OVNI qui nous parvient directement de Californie ? Une merveille de pop aux airs psychédéliques dites-vous ? En tout cas en voilà une belle paire qui a réussi à sortir son épingle du jeu en proposant un petit germe d'innovation. Une belle paire, oui, mais qui ne sort pas de nulle part (on s'en serait doutés). Car The Bird And The Bee, c'est la simple association de la célèbre et belle Inara George (qui a en effet déjà fait quelques trucs en solo) et le plus discret Greg Kurstin (qui lui n'a rien fait de très concret avant ça, surtout des collaborations restées dans l'ombres avec beaucoup de grands, Beck, Lily Allen, Red Hot Chili Peppers, Electrocute, Mathew Sweet, Jane's Addiction, Ben Harper, Jenny Lewis et on en passe...). Alors, à quoi ressemble t-il ce disque qui, rien qu'avec un classique 'art drawing' en guise de pochette, donne des airs de déjà vu.

Et bien pour une fois on ne vous avait pas menti. Enfin si, car ce premier album n'est probablement pas la perle hautement acclamée depuis maintenant plusieurs semaines, mais reste cependant un beau recueil de chansons pop psychés, plutôt bien réussies dans l'ensemble. Tous ces petits compléments électros donnés à ces morceaux, à l'origine très pop-folk, délivrent des airs très "The Blow". En effet, c'est à peu près ça : Une chanson folk des Postmarks qui se verrait remixée et revue par "The Blow". Certes Inara chante bien mieux que Khaela Maricich, mais les convergences électros sont assez flagrantes. A une exception près : Alors que "The Blow" se contente de faire dans l'electro basique (celui plutôt basique, qui défoule les masses), The Bird And The Bee délivre en plus de belles averses de psychédélisme. Ainsi dès les premières notes pianotées sur synthé de la toute première chanson, on se sent comme épris d'émotions planantes, comme torturé par le choc que transmet la contradiction entre l'intro psychédélique intimiste et les couplets allégrement grattés façon pop-rock des plus légères. Mais le reste se gâte malheureusement assez vite. C'est en effet le principal défaut de ce disque : pas assez endurant, pas assez ambitieux, bref un peu bâclé sur la longueur. Les premiers morceaux, bien qu'à pleurer de niaiserie à cause des textes chantés (genre des refrains bien entêtants ‘Would you ever be my would you be my fucking boyfriend?', ou encore ‘I'm a broken heart, My love is bleeding' chantonnés d'une manière des plus gnangnan...), restent d'une qualité quasi-indéniable : de la bonne pop psyché et efficace, et on en redemande. Et bien ! C'est à ce moment là qu'on réalise que la gourmandise est un vilain péché, et qu'il va être ici cher payé, les prolongations deviennent en effet pénibles. Et le tournant vers ces prolongations n'est malheureusement pas très progressif, tout semble s'écrouler rapidement après "La La La", chanson psychédélique la plus aboutie du disque haut la main, notamment grâce à de longs chœurs envoûtants et autres solos de clavier kitschissimes dignes de renvoyer "In-A-Gadda-Da-Vida" des Iron Butterfly sur le champ aux vestiaires des petits rigolos du psychédélisme. The Bird And The Bee tente sur cette fin de faire ses adieux sur quelques airs pianotés et quelques chants légers, mais reste malheureusement encore loin de la grâce d'un outro d'Album Leaf ou d'Air. Dommage... ou tant pis, plutôt.

En somme, ce disque n'est pas réellement d'un intérêt majeur, et ce même s'il présente vraisemblablement moult aspects forts sympathiques et plutôt novateurs. Il est plus justement fort agréable à apprécier lors de petits moments paisibles, de petits breaks accompagnés ou simplement en solo. Mais qu'il n'y ait pas de confusion, The Bird And The Bee est bel et bien un album réussi, qui a bien ses petits défauts, mais aussi de gros atouts. Et nous parlions de gourmandise regrettée, mais c'est en fait ça : un album de très bonne facture si consommé avec modération.


Bon   15/20
par TheWayYouSmiled


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