Charles C. Oldman

Winter

Winter

 Label :     Merzbau 
 Sortie :    mars 2007 
 Format :  Album / CD   

Début Mars, après quelques mois d'attente, je reçois un mail de Charles-Eric Charrier (je fais partie de la mailing-list des "suiveurs" de Man) avec le lien suivant: http://merzbau-label.org/MERZ0021/MERZ0021_eng.htm Le descriptif du projet semble plus qu'alléchant, d'autant plus que Charles me parlait de ce projet solo depuis quleques temps déjà.

Un court message accompagne l'e-mail. Illico presto, j'appelle Charles pour le remercier et le féliciter pour son disque solo et gratuit (vous pouvez télécharger les morceaux un à un avec les images front et back de la pochette et vous faire votre "Winter" maison !) et me renseigne sur ses autres projets (5le et un autre disque d'oldman) en cours. Au détour de la conversation, il me lâche un: "De toute façon, en l'écoutant, tu t'apercevras pourquoi il est intitulé 'Winter'." Fort de cet indice, je me lance à la découverte dudit 'Winter'. Premières écoutes un peu distraites en écrivant ou en lisant: je trouve une ambiance chaleureuse et intimiste ponctuée de quelques passages au climat plus froid ou plus agité. Puis vint un soir où je m'écoute le disque au casque tout seul dans mon lit après une rude journée.

Mes quatre derniers hivers défilent au fur et à mesure de l'écoute et je me délecte alors de la structure des compositions qui font remonter ces sentiments à la surface: les notes de piano "ponctuelles" qui jalonnent le flot du morceau 'Winter' (et qui prennent appui sur des nappes à la texture "chaleureuse et intimiste" dont je parlais) représentent pour moi les fantômes qui me restent des automnes précédant ces hivers auxquels je pense, la chaleur qui émane du début de la piste 'From India' (on se croirait dans un hall d'aéroport, entouré de toutes ces voix dont nous ne captons que le son, mais non le propos), la pulsion de vie en moi quand le morceau 'From India' éclate au bout d'une dizaine de minutes avec l'arrivée d'une basse électrique au bout d'une série d'arpèges entrelacés où Charles-Eric joue sur la couleur du son (au sens "échelle chromatique" du terme, avec une dizaine de notes, si mon oreille ne me trompe pas, dont il intervertit progressivement le positionnement des unes par rapport aux autres), la douceur qui émane du retour à une musique plus "mélodique" sur les deux derniers morceaux: 'Mon cœur c'est du chinois' (seul morceau "parlé-chanté" du disque) fait penser à ces journées de janvier où le froid se fait sec et que la lumière du jour varie imperceptiblement jusqu'à ce que parfois un rayon de soleil vienne nous éclairer le visage sans l'éblouir. Pour finir sur le très cinématographique 'We're bewitched, she said', plus caractéristiques du froid humide de fin d'hiver, des giboulées et de ce printemps qui a tant de peine à transpercer le voile hivernal dont la nature, les villes et moi-même se sont recouverts pour mieux rejaillir fin mars et entamer un nouveau cycle de saisons qui nous amènera une fois de plus à ce "voile hivernal" et qui, je n'en doute plus une seconde depuis ma vingtaine d'écoutes de ce disque, nous fera apprécier à nouveau cette saison si douce et particulière où la vie se recroqueville en elle-même pour mieux affirmer sa force au cours des trois autres saisons. Et qui bonifiera l'écoute de ce disque ambitieux, audacieux, subtil et surtout réussi. Je pense qu'un tel disque m'accompagnera tout au long de ma vie, dès que j'aurai l'envie de me retourner sur le chemin accompli malgré les fantômes de mes automnes et la fugacité de mes saisons chaudes et ensoleillées...


Exceptionnel ! !   19/20
par Takichan


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