Galaxie 500

Today

Today

 Label :     Rykodisc 
 Sortie :    1988 
 Format :  Album / CD   

Less is more', voilà un bon résumé. La voix de Dean Wareham n'est pas toujours juste et pourtant ça sonne plutôt classe, tout comme les solos maladroits ; le jeu de Damon Krukowsky à la batterie est simple mais efficace ; celui de Naomi Yang à la basse est artistique et hypnotisant.
Bon, Galaxie 500, ça ne dit pas grand chose, un groupe reconnu mais pas vraiment connu.
Today sort en 1988, c'est le premier album du trio. Les chansons ne comportent pas plus de trois accords, ou bien rarement, le résultat est minimaliste et c'est justement dans cette simplicité que s'opère toute la magie et l'originalité de ce groupe qui influença une partie de la scène alternative américaine du début des années 90. Le disque comporte 9 ballades psychédéliques (+1 dans la réédition), dont une reprise magnifique de Jonathan Richman "Don't Let Our Youth Go To Waste". Le titre le plus marquant de cet album est probablement "Tugboat", deux accords pour planer et une montée sur le solo de fin pour s'envoler avant de ratterrir tout doucement. "Oblivious" est une chanson particulièrement agréable aussi, entêtante et motivante qui véhicule une émotion simple et touchante. Je ne vais pas faire une description pour chaque morceau, je risquerais de me répéter, mais le reste est tout aussi bon.


Excellent !   18/20
par Tito00


 Moyenne 19.00/20 

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Posté le 19 janvier 2008 à 18 h 11

À l'école du Velvet, sans aucun doute que Galaxie 500 furent de ceux qui n'eurent pas de soucis pour retenir la leçon.
Et aussi évident que 2+2=4, ils comprirent qu'avec deux doigts, 3 accords et beaucoup d'intuition, on pouvait facilement transformer la plus basique pop song en un truc fabuleux.
Qui peut le plus peut le moins.
Ou comment trois jeunes gens, en état de grâce, derrière la porte close d'une chambre d'étudiant, tissèrent à l'abri des regards une pop fragile, gracile, belle à pleurer.
Certainement que sans la production de Kramer, l'objet n'aurait pas été ce qu'il est.
Cet écho spectral qui résonne, qui vient de loin pour porter ces comptines adolescentes vers des sommets inatteignables, offrant un écrin vaporeux, qui berce les âmes.
Les yeux mis clos, le monde peut attendre pour que nous allions le rejoindre...
Musique hivernale, quand les corps engourdis se meuvent plus lentement et attendent sagement un rayon de soleil au petit jour.
Fragile édifice perdu dans la brume des voix multiples qui se répondent, emmitouflées dans la réverbe, sans doute pour se protéger d'un monde devenu peu avenant.

Voilà c'est à peu près ça la musique de Galaxie 500.
Il n'y a rien à prendre, rien à gagner. On joue pour échapper à quelque chose.
Les lendemains qui déchantent, à moins que ce ne soit sa propre existence?
Ne rien laisser, pas même sa trace. Simplement pour la beauté du geste.
Une flopé d'artistes dans le sillage comprendra bien vite qu'on ne peut pas laisser passer pareil héritage et se chargera d'attiser les braises.
Pas juste un petit disque plein de charmes que cet objet là, non !
Ça c'est rien de moins qu'un des pivot central par lequel tient le rock indépendant.
Et si vous en doutez encore, je ne peux plus rien pour vous.
Exceptionnel ! !   19/20



Posté le 04 novembre 2010 à 11 h 49

Parfois, on fait tout à l'envers ...

Prenez Galaxie 500, je les ai complètement loupés à l'époque (fin des 80's). Pourtant, j'écoutais déjà ce genre de musique et j'étais déjà converti à la religion Velvet Underground (je faisais même partie du sous-courant intégriste "album au divan").

Bon, le temps passe et j'écoute tous ces groupes influencés par Galaxie 500 (et donc par le Velvet) cad tout le courant slowcore (Low et consorts): tempo très lent, au maximum légèrement inférieur au mid tempo pour les plus excités, guitares pleines de reverb, harmonies vocales éthérées, et bien sûr beaucoup de drogues. Puis, il y a eut tous ces groupes shoegaze qui ont poussé encore plus loin la trilogie lenteur- reverb-drogues. Et donc j'écoute tout ça et je prends mon pied, sans savoir que Galaxie 500 avait déjà fait ça, en mieux, entre 1988 et 1990, en trois albums studios géniaux.

Quand, enfin, je découvre Galaxie 500, il y a quelques mois, je fais encore tout à l'envers. Je commence par la fin, par le troisième et dernier album This Is Our Music, le moins bon ou disons le moins génial. Puis, je remonte le temps avec On Fire, considéré par beaucoup comme le meilleur. Puis enfin, je tombe sur ce Today que j'écoute quasiment tous les jours depuis 6 mois.

Galaxie 500, c'est Le Couple et La Star. Le Couple, c'est Naomi Yang et Damon Krukowski. Naomi : délicieuse bassiste qui avoue ne jouer que sur les deux premières cordes de son engin pour, à l'instar de son modèle Peter Hook de New Order, accompagner la mélodie plutôt que marquer le rythme. Damon : compagnon de la délicieuse bassiste, batteur atypique et expérimentateur qui joue autant des cymbales que des fûts. La Star, c'est Dean Wareham. Dean : chanteur, guitariste et belle gueule. Piètre chanteur, le Dean : sa voix de chat de gouttière enroué peut être un repoussoir puissant mais contribue à la couleur sonore particulière du groupe. Génial guitariste, le Dean : il joue très peu de notes mais chacune d'elles atteint sa cible (à savoir le cœur et l'âme) et surtout il possède un son et une texture uniques, reconnaissables immédiatement. Dean, c'est le Guitar Anti-Hero ultime.

Nos trois larrons sont encore étudiants en Arts (quoi d'autre ?) à Boston quand ils entrent en studio pour enregistrer, en quelques jours, ce premier opus. Le producteur, Kramer, a la bonne idée de pousser le reverb à fond, inventant ainsi le son Galaxie 500.

Et voilà c'est parti. "Flowers" et "Pictures" sont bâties sur le même canevas : une jolie mélodie, pas de refrain (pourquoi se compliquer la vie ?) et deux supers solos de Dean. "Parking Lot" : pop song presque traditionnelle, quasiment sautillante, un solo dissonant de Dean à la fin quand même (faut ce qui faut). Sur "Don't Let Our Youth Go To Waste", reprise de Jonathan Richman, le ton change: Le Couple assène une rythmique inquiétante et puissante puis Dean chante la jolie mélodie, puis les trois larrons se lâchent dans un final orgiaque, au total presque 7 minutes de folie psychédélique. "Temperature's Rising" est tout simplement irrésistible, presque un tube, un joli solo de Dean au milieu, puis pour finir, un solo dissonant du même Dean (on ne se refait pas). "Oblivious" est un classique du groupe, mélodie bête comme chou à siffler sous la douche, solo de Dean évidemment, et tiens ?, un solo d'harmonica pour changer (Dean ?). Les trois dernières chansons sont des chefs-d'œuvre absolus, alors je fais court. Sachez simplement que sur "It's Getting Late", Dean nous sort un de ses meilleurs solos, frissons garantis. "Instrumental" est un... instrumental (ben oui) euphorisant qu'on mettrait bien comme sonnerie sur son portable si on savait seulement comment faire. Et enfin sur "Tugboat", ma préférée, le groupe confirme l'adage selon lequel "le Tout est plus grand que la somme des parties" ou comment trois musiciens aux compétences individuelles limitées réussissent à créer, ensemble, de la grande musique.

Bon voilà, désolé pour la longueur de la chronique mais il faut bien justifier le la note maximale. Vous l'aurez compris, Today c'est ma came, un album d'île déserte.

Juste une anecdote pour terminer. Ma fille, 5 ans, fait mine de râler parce que j'écoute Today en boucle : "Papa, pourquoi t'écoutes toujours la même musique ?" Mais, plus tard, elle accompagne en fredonnant la mélodie de "Tugboat". Merci Naomi, Damon et Dean pour ces moments là.
Intemporel ! ! !   20/20







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