Mineral

The Power Of Failing

The Power Of Failing

 Label :     Crank 
 Sortie :    mardi 28 janvier 1997 
 Format :  Album / CD   

Après des débuts timides et hasardeux suite à leur formation en 1994, Mineral sort son premier album, The Power Of Failing, sur Crank! Records. Ce premier essai, paru en 1995, résume à lui seul le son de la deuxième vague d'emo, qui se radoucit et se veut plus introspective.

Dès le début de l'oeuvre, on sent que l'emo a évolué depuis Rites Of Spring, Moss Icon, et autres groupes l'ayant popularisé pendant les années 80 : "Five, Eight And Ten" ouvre le bal avec son arpège magnifique, et à l'aide de la voix plaintive et torturée de Chris Simpson, donne directement la couleur. Le morceau va crescendo, comme si la détresse du chanteur devait atteindre son paroxysme, puis chute pour s'achever sur l'arpège de guitare qui sert d'introduction à l'album. La tonalité de The Power Of Failing est donc donnée, oeuvre qui mêle peurs, mélancolie, joie de l'instant et malaise. Le deuxième titre, "Gloria", confirme les appréhensions, avec son tempo plus punk et son refrain plein de hargne.
Un morceau comme "Slower", plus optimiste, fait baisser la tension après le début de l'album, alors que "Dolorosa", présente une contradiction que l'on retrouve souvent dans le travail de Mineral : la confrontation entre l'espoir et la tristesse.

"80-37" et "If I Could" renouent avec le mal-être, la première laissant place aux incompréhensions du chanteur (où la basse de Jeremy Gomez s'affirme un peu plus), la seconde se voulant plus calme, plus profonde. A ce stade de l'album, on comprend où réside toute la force du groupe : dans la sincérité des émotions qu'il veut faire partager.
"July" apporte un peu de lumière à l'ensemble de l'effort du groupe texan, puis viennent "Silver" et "Take The Picture Now", qui laissent lentement présager la fin de l'album. "Take The Picture Now" débute avec une basse mélodique sur laquelle viennent se poser les mots de Simpson, des vers touchants qui créent une atmosphère onirique : 'There are blue skies in my dreams, And laughter that seems unending. There are green grass fields there, And happiness and hope for tomorrow.' ('Il y a des cieux bleus dans mes rêves, Et des rires qui semblent ne jamais s'arrêter. Il y a des champs d'herbe verte ici, Et du bonheur et de l'espoir pour demain.').

The Power Of Failing s'achève sur "Parking Lot", un des chefs-d'oeuvre de l'album. La basse et la guitare forment un duo mélodique parfait, avec douceur et mélancolie. Chris Simpson, une fois de plus, semble vouloir se débarrasser de tout le poids qui le pèse à travers son chant. Tout comme "Five, Eight And Ten", cette chanson débute lentement pour s'envoler brusquement et faire transparaître la rage, la tristesse et le désespoir.

A l'écoute de cet album homogène, précis et équilibré, j'en viens à regretter cette époque où l'emo avait encore un sens. On retrouve des traces de The Power Of Failing chez de nombreux groupes de post-hardcore, notamment Jimmy Eat World ou The Promise Ring. "The Power of Failing" est à ranger aux côtés du "Diary" de Sunny Day Real Estate, véritables manifestes de l'emo des années 90. Le genre de perle qu'on ne trouve que très rarement...


Excellent !   18/20
par Pumpkin Ben


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