Goo Goo Blown (Le Bonhomme)

Devilish Fantaziäh

Devilish Fantaziäh

 Label :     Lez'art 
 Sortie :    lundi 13 novembre 2006 
 Format :  Album / CD   

Sorti de nulle part, voilà que Goo Goo Blown (Le Bonhomme) crée un intime évènement en signant enfin l'arrivée définitive dans nos contrées des effets secondaires de The Arcade Fire. Cette formation de Meudon, beaucoup plus ancienne, profite avec mérite du succès des canadiens et se voit, après un E.P. en 1998 et un autre en 2000, enfin éclore sur le devant de la scène avec son tout premier album Devilish fantaZiäh.

Si elle est autant libérée, la pop de Goo Goo Blown est chez nous une sorte d'alternative plus grandiloquente à celle de Dyonisos, étant elle beaucoup plus expérimentale et sèche. Libérée dans le sens où le septet n'a pas pour but d'être agressif en posant le pied sur la pédale de distortion, ne veut pas non plus adoucir ou conforter le public dans ses places assises lorsque les cordes apparaissent, s'efforce de mêler tant bien que mal la philosophie sonore du rock et celle de la bande originale tout en gardant une sincérité palpable. Il y a plutôt un souhait de ‘voyage', dans tous les sens du terme.
Comme beaucoup de groupes de différents styles, l'objectif premier de Goo Goo Blown est donc de développer un monde autour de sa musique pour mieux la faire accepter, lui accordant de multiples réseaux nerveux vers des musiciens, auteurs ou artistes mystiques pour la calibrer : Danny Elfman et Tim Burton, Lovecraft, GY!BE, David Lynch... Ce qu'on appelle plus communément les influences, mais qui sont ici très importantes pour éviter toute méprise (même si les sources d'inspirations citées demeurent ici vraiment très basiques), sans quoi le transfert n'est alors plus qu'une question de perspective : The Arcade Fire en forcément moins bien (en version française quoi...) et c'est sûrement pour cela que ce n'est pas cité dans le CV du groupe, Placebo en forme ("Daisy Soup & Porl Breast...") ayant goût aux arrangements classiques et c'est bien pour ça que s'est cité dans le CV du groupe, Metallica frêle et lumineux période S&M si on veut commencer à pousser le bouchon et c'est bien pour cela que ça n'a rien à voir ici... Les parisiens ont donc une forte volonté de cibler minutieusement leur musique dans un jardin fantastique en prenant soin d'éviter de citer le nom du produit, l'étiquette, et c'est bien là ce qui donne également du charme à cette musique déjà de qualité. Un enrobage imaginaire fleuri d'arpège comme de riffs, d'archets fragiles comme de grooves effrénés. On est ainsi merveilleusement plongé dans la douce fantaisie qui comme toute histoire a de paisibles moments, de sombres remous, installe le calme avant la tempête ou laisse éclater une émotion.
L'inévitable point noir du groupe, car il y en a malheureusement un, est certainement la voix. Brian Molko est déjà pour certains l'homme à abattre dans ce domaine, il aurait fallu que le groupe saisisse qu'il est inutile de le singer lorsque le moment de chanter en anglais est venu. Que cela soit intentionnel ou non, le chanteur force tellement pour atteindre un charisme anglo-saxon ou une émotion illuminée que cela en devient un détail agaçant ("Les Anges Sont De Fausses Blondes" en tête), pouvant aller jusqu'à reléguer la formation entière en catégorie amateur dans les oreilles des moins patients.

Toujours à la recherche de son petit monde parfait, Goo Goo Blown offre ici malgré les défauts (les défauts de ses qualités dirons-nous...) un adorable premier album et laisse présager du très bon pour la suite.


Bon   15/20
par X_YoB


 Moyenne 14.50/20 

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Posté le 25 octobre 2006 à 10 h 51

Il y a des groupes comme ça qui sont complètement inattendu et qui pourtant font du bien aux oreilles. Goo Goo Blown (Le Bonhomme) fait parti de ceux la. Le seul titre de l'album promet de découvrir un monde imaginatif rempli de délires bien à eux.

Les GGBLB (pas de chichi avec les noms compliqués) c'est la rencontre entre le rock à guitare et les instruments à cordes (violons et violoncelles), avec des chants en français et en anglais chantés par une voix masculine parfois très aigue. Des sons très clairs y rencontrent la distorsion, le calme cède la place à la tempête. Avec GGLB il n'y a pas de limites, les chansons peuvent être très longues et il peut devenir difficile de rester bien accroché à la musique. Les mélodies semblent alors un peu lourdes, les textes incompréhensibles. Sous cette douce folie se cache un disque bien plus léché que ce qu'il ne peut paraître au début. Sans être totalement atypique, ce disque est une des choses récentes des plus intéressantes. Ceux qui ont eu la chance d'approcher ce disque sorti en toute confidentialité vous le confirmeront.

Avec leur mise en scène bien à eux, GGBLB sort un vrai bon album avec des titres qui se renouvellent et un univers bien exploré. On attend avec impatience la suite.
Sympa   14/20







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