The Geraldine Fibbers

Butch

Butch

 Label :     Virgin 
 Sortie :    mardi 01 juillet 1997 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

(L'auteur de cette chronique est un chieur qui ne veut pas noter la musique. Par défaut, il met 20/20 partout et cette note n'engage que ceux qui veulent la prendre au sérieux)

Dans la liste des malades mentaux qui ont mélangé ce que Nick Tosches appelle les racines tordues du rock'n'roll (la country donc) avec l'esprit chahuteur du punk, et que d'aucuns ont rangé sous l'étiquette un peu fourre-tout de cowpunk, je vous demande d'accueillir les panachés Geraldine Fibbers (panachés comme dans "pleins de panache", pas comme dans "de la bière sans alcool").
C'est pas un nouveau groupe. On peut même malheureusement dire que c'est un groupe défunt, mais ils ont eu tellement peu d'impact que je suis obligé de vous parler d'eux comme s'il s'agissait de nouveaux venus. Je vais aussi être obligé de racoler un peu et de faire feu de tout bois pour appâter le chaland : les faits d'arme qui suivent incluent de manière indistincte des projets qu'ils ont faits avant et après les Geraldine Fibbers.
Le groupe est donc composé de Carla Bozulich (Evangelista, Ethyl Meatplow, une carrière solo chez Constellation Records et des apparitions chez Mike Watt, Lydia Lunch, Xiu Xiu...), Nels Cline (guitariste soliste chez Wilco, collaborateur plus ou moins régulier de Lee Ranaldo et Thurston Moore), la violoniste Jessy Greene (Jayhawks, collaboratrice occasionnelle entre autres de Foo Fighters, Joseph Arthur et Wilco notamment sur la fan fave "Jesus, Etc"), Kevin Fitzgerald (qui a un temps joué avec les Circle Jerks c'est vous dire s'il est punk) et William Tutton à la contrebasse/basse (dont je ne sais rien d'autre mais vous auriez tort de le sous-estimer pour autant, il est redoutablement solide).

Les présentations à travers le temps étant faites, revenons au présent. Nous sommes en 1997 (#narrationéclatée #christophernolan). Deux ans plus tôt, un line-up légèrement différent a déjà commis un très bon premier album, Lost Somewhere Between the Earth and My Home, enregistré par Steve Fisk (CV premium, cf. wikipedia svp) pour Virgin, qui a eu son petit succès d'estime critique mais qui a pas vraiment cartonné. Ptet qu'ils se disent à ce moment là qu'ils vont enfin réussir à sortir la tête du panier alt-country des années 90, ça l'histoire ne le dit pas, je spécule à mort.
En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'ils remettent le couvert pour Butch donc, et toujours avec Steve Fisk à la console. Et mazette quel couvert. Pour peu qu'on aime tout ce qui est noisy/punk et la nébuleuse country/roots, ce qu'on peut entendre sur Butch tient du prodige. Un groupe qui braille, qui larsène, qui matraque. Un groupe qui respecte et qui malmène la musique ricaine d'autrefois. Un canasson avec une pédale de disto a la place de chaque sabot. Mais il n'y a pas que du galop, loin de là. La monture sait aussi ménager son cavalier. Ca yodèle, ça sussurre, ça presque pedalsteele, ça violonise.
Et au final, on se retrouve avec quoi ? Avec un vrai tube power-country ("California Tuffy"), une excellente reprise de Can par ci ("You Doo Right"), une ou deux furies hillbilly noise par là ("Toybox", "I Killed the Cuckoo"), du tradi composé sur mesure ("Pet Angel", "Folks Like Me"), quelques cotonneuses ballades électriques pour se pendre à un pylône ("Butch", "The Dwarf Song", "Heliotrope") et puis tout le reste, une flopée de bonnes chansons inclassables à vous empêcher de dormir tellement c'est happant.

Voilà, dans ma malle à souvenirs, cette mésestimée musique de bouseux à crête est un de ceux qui me tient le plus chaud. J'espère que cette chronique au goût de Dr Pepper et de maïs fumant ruisselant de beurre convaincra quelques audacieux de donner une chance à leurs chansons.


Intemporel ! ! !   20/20
par Santiagoo


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