Tony Molina

Dissed And Dismissed

Dissed And Dismissed

 Label :     Slumberland 
 Sortie :    mardi 25 mars 2014 
 Format :  Album / CD  Vinyle  K7 Audio  Numérique   

Tony Molina, c'est un mec qui roule sa bosse en jouant dans des groupes depuis le début des années 2000. Situation géographique : La Californie, ma chérie. Où il y a du soleil et où tout est possible. En 2009, il sort une première démo sous son nom. Diffusion en cassette plutôt confidentielle. Et puis en 2014, la sortie chez Slumberland de Dissed And Dismissed qui était sorti un an avant sur un autre label, le met sous le feu (relatif) des projecteurs, alors que l'intéressé ne s'attendait pas à ce que quelqu'un sorte ce disque. Car ce qu'on entend sur ce disque ce sont bien des démos. On y revient après. Quand c'est sorti il y a quatre ans, de nombreuses voix se sont élevées pour me conseiller en chœur d'écouter cet album. Mais j'ai pas eu envie d'aller plus loin que les deux ou trois chansons entendues. Je vais en expliquer les raisons. Pourtant sur le papier, le Tony me fait bonne impression. Il reconnaît que Thin Lizzy, Guided By Voices, Big Star, Teenage Fanclub et The Fastbacks sont ses plus grandes influences. Il ne se cache pas de dire que Weezer est un de ses groupes préférés. Il est d'un éclectisme à couper le souffle tout en restant cohérent : il aime autant les Bee Gees que Napalm Death. Il crache pas sur les gros riffs bien huileux. Il porte des tee-shirts Madball. Enfin voilà quoi, c'est pas un gars qui arrive avec 2 ou 3 références qu'il vient tout juste d'imbiber, c'est un passionné et ça s'entend, vu le naturel qui se dégage de ce disque. Mais même si on avait beau me dire que c'était fait pour moi et même s'il reprenait une de mes chansons favorites de Guided By Voices, j'avais envie de choses pas faites pour moi à ce moment-là. Un album qui sonne comme des démos de Weezer, ça va, j'ai donné. Il y a "Blast Off" et "Wanda" qui résonnent encore dans mes rêves, les nuits de pleine lune. C'est le fond du problème, alors je n'ai pas approfondi. Et vu la longueur du disque, l'approfondissement m'aurait pas coûté cher en temps. Ainsi va la vie. Je dois quand même rajouter une autre raison qui m'a conforté dans ma réticence : on est face à des démos. Ce n'était pas voué à la base, à sortir en disque. Et concernant le statut de la démo, j'ai eu un comportement de refoulement par rapport à ce qu'elle représente, après des années à avoir écouté celles de Weezer et celles de Guided By Voices (qui n'en sont pas mais qui en sont quand même). Au fond, c'est un sujet intéressant. Les brouillons de chansons, les premiers enregistrements, ça m'a branché instinctivement dès le départ quand j'ai écouté de la musique. C'est quelque chose qui se dessine mais qui n'est pas fini et donc qui suggère. C'est le témoignage de quelque chose en devenir. C'est incomplet donc ça laisse rêver, ça souffle un air de liberté. Et c'est plus spontané, tout simplement. Jon Brion préconise même d'avoir toujours sous la main de quoi enregistrer au moment où l'idée est en train de naître parce qu'il pense qu'il n'y aura jamais de meilleure prise que celle qui est faite à la naissance de la chanson. Et en pensant à ça, il me revient en mémoire une démo de Cuomo pour une chanson appelée "Broken Arrow", pour laquelle il a enregistré le premier jet sur répondeur. Eh ben entre la version jouée par le groupe au complet et celle du répondeur, c'est la dernière qui me paraît la plus passionnée et intéressante. Et puis un beau jour, toujours rapport aux démos, j'ai dit stop. Je ne me suis mis à ne plus donner de crédit qu'aux versions finales. Le courage de dire : OK, c'est celle-là qu'on veut que vous écoutiez. Donc entendre des brouillons de chansons, ça m'intéressait pas quand Dissed and Dismissed est sorti. Mais vraiment plus du tout. Je trouvais ça hyper facile. Dans certains cas ça l'est, dans d'autres non. Voilà ce que je conclurais en fait, ne jamais être catégorique et écouter au cas par cas. Alors qu'est-ce qu'on entend sur ce disque de Tony Molina ? Une pop à guitare jouée avec naturel et simplicité. C'est un genre qui qui n'a certes pas disparu mais pour lequel il faut prendre un tabouret un tout petit peu plus haut si on veut en attraper en haut de l'étagère. La qualité de l'enregistrement est donc celle d'une démo et ça convient tout à fait, parce que c'est vraiment fait comme ça, ça coule de source. Il y a des riffs lourds, des harmonies vocales, des solos qui suivent la mélodie et des chansons jouées à l'acoustique qui ouvrent la piste pour ce que seront L'EP et l'album qui suivront. Tout ça dans un temps très court, presque trop, et c'est quelqu'un qui aime les disques courts qui vous parle. Donc écouter ce disque en détail cette année, soit quatre années après sa sortie, c'est d'une façon personnelle, revenir vers mon amour perdu pour la démo et c'est en décidant de l'écouter sans trop réfléchir à tout ça, juste en laissant couler les chansons, que cet amour est revenu. Merci Tony.


Parfait   17/20
par LaEscoba


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