Daniel Blumberg

Minus

Minus

 Label :     Mute 
 Sortie :    vendredi 04 mai 2018 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

[Chronique en aveugle #31] Le rédacteur ne savait rien de l'identité de l'artiste dont il a chroniqué le présent album.

Le premier titre débute avec quelques arpèges de piano, vient le violon grinçant, lancinant, puis une voix ! Tout cela me rappelle un disque que j'aimais beaucoup, A Kind Of Closure (2002) du groupe Tram, entre slowcore et folk sombre.

Mais cette voix, nom d'un pipe cette voix, qui ose donc ? Je pense à Dale Grundle, le chanteur des Catchers et de The Sleeping Years ou à un Neil Young nubile qui vocifère dans mes baffles (les titres 04 et 07). J'exagère certainement mais passer outre me semble, déjà, insurmontable. En effet, malgré une première impression musicale positive, le bramement me grille les tympans et m'irrite la peau. Une sensation semblable au Cillit Bang les jours de récurage de douche. Hélas, cela conditionnera, sûrement à tort, mes écoutes répétées et la découverte d'une potentielle pépite.

Les 7 titres oscillent entre 4 et 12mn et ce qui frappe d'emblée c'est le trio violon/piano/harmonica sur chaque morceau, ainsi qu'une guitare salace sur le second titre. Omniprésent dans ma discothèque personnelle le trio brosse des couleurs et des teintes plutôt inédites, proches toutefois de certains disques familiers que je n'écoute plus guère. Le violon se fait grimaçant, souvent hostile et dissonant, la guitare grasse et "fuzzy" (titre 03) nous entraine vers des contrées infréquentables pour mes ouïes. 12'33mn c'est court parfois (Pink Floyd, Godspeed, Wagner, ...) mais ici c'est synonyme d'affliction ! La fin est une cacophonie expérimentale indigeste, n'est pas Sonic Youth qui veut ! Mes oreilles souffrent mais je m'astreins à une écoute attentive. Le titre suivant est plus apaisé, entre folk et pop mélancolique avec des réminiscences de groupes comme Dakota Suite en moins neurasthénique et moins profond. La voix acuminée ne se tarit jamais, hélas ! Après le "Loner" c'est à Mika que je pense. Désolé les gars !

Encore 3 titres à tenir me dis-je, entre cabaret dissonant à la Tom Waits (titre 05) et mélancolie surfaite. Le piano administre le tout sans réel éclat ou émotion. Le dernier titre, pas mal jusqu'à la moitié est gâché une nouvelle fois par le retour du retour du come-back de la gratte qui tâche. Et je ne vous reparle pas de la voix, inépuisable qui m'égratigne jusqu'à l'os.

Il ne manque pas grand-chose à ce disque pour atteindre des crêtes, une voix qui mériterait de fumer plus de blondes (ou de se taire à jamais), un piano plus inspiré, un violon moins délétère et plus affable. Pas facile d'appréhender cette musique inconnue sans aucun à priori.

Conscient d'avoir été sans pitié, je n'ai pas non plus laissé ce disque m'apprivoiser malgré des écoutes copieuses. Je garderai le premier titre ainsi que la première moitié du dernier. C'est ingrat en effet ! Il me reste en conséquence le souvenir d'un album nu, sans relief (certaines arêtes douloureuses pour mes sens) dont je n'ai pas su (ou pu) saisir l'essence même et qui plaira, j'en suis convaincu à quelqu'un d'autre que moi.


Moyen   10/20
par Twilliam


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