Grísalappalísa

ALI

ALI

 Label :     12 Tónar 
 Sortie :    juillet 2013 
 Format :  Album / CD  Vinyle  Numérique   

On a peut-être à faire à des grands malades avec ce groupe foutraque (sic) émergé en 2012. ALI, qui montre un souriant bambin (l'excentrique chanteur Gunnar Ragnarsson tout petit), est le premier album de Grísalappalísa donc, d'où est provenu le single ombrageux "Lóan Er Komin" qui reçut une acclamation sur les radios islandaises après sa sortie.

Œuvre conceptuelle contenant sept titres, ALI nous emmène dans une déambulation sauvage, nocturne et désespérée (tel que c'est expliqué) dans les rues du centre de Reykjavík, dans une quête d'amour mâle à la recherche d'une certaine Lísa, dont ce prénom revient plusieurs fois à l'écoute de ce disque. "Kraut Í G", le titre d'ouverture, dévoile une voix rugueuse et hurlante d'un des deux chanteurs conteurs, ici Baldur Baldursson, qui prend par le bras à l'intérieur d'une rythmique musicale aussi raide qu'une ligne de cocaïne, tandis que d'autres lignes tournoyantes synchronisées d'une guitare et d'un saxophone nous passent dans une douce ivresse. C'est énervé et ça groove sec ! Plus calme, "Allt Má (Má Út)" n'en est pas moins pour autant apaisé, entre couplet planant et refrain expressif explosif. Les amateurs de post-rock à la façon Talk Talk période Spirit Of Eden devraient aimer les presque dix minutes lentes et tendues de "Fjallkirkjan", de par sa sonorité typique qu'il dégage avec une guitare électrique et un synthétiseur planants. De plus, le saxophone ne sert pas qu'à donner une coloration instrumentale, prouvant bien que cet instrument participe à la structuration musicale du groupe.

ALI ne contient pas que de longs morceaux affiliés au krautrock voire par moment à du post-rock, et ou semble se mêler une certaine comédie jubilatoire. La preuve en est avec "Lóan Er Komin" et son crescendo cold wave angoissant, mais également avec "Hver Er Ég" qui n'atteint pas ici les deux minutes, chansonnette existentielle qui questionne, avec ses chœurs infantiles féminins, avant de rageusement passer dans le hachoir d'une boucherie bordélique punk pour psychopathe.

Il semble hélas peu certain pour le moment que ces six gars passent un jour en France (si ce n'est fait), mais la réputation souvent scénique que traîne Grísalappalísa dans son pays pourrait bien le précéder avant une éventuelle visite par chez nous, faut-il espérer.


Parfait   17/20
par Pascha


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