Beach Fossils

Somersault

Somersault

 Label :     Bayonet 
 Sortie :    vendredi 02 juin 2017 
 Format :  Album / CD  Vinyle  K7 Audio  Numérique   

A la recherche d'informations sur ce petit groupe de Brooklyn fraichement dégoté sur KEXP (la sacro-sainte webradio de Seattle), je m'étonne de ne trouver ici bas aucun album chroniqué ... ce que je m'engage alors à rétablir !

Beach Fossils, c'est un projet qui se voulait solo, à l'initiative du guitariste/chanteur Dustin Payseur, et qui finira par devenir un groupe à part entière, au fil d'intenses changements de line-up (coucou Zachary Cole Smith, batteur sur le premier album et parti ensuite former DIIV). Après deux premiers opus (un self-titled en 2010 et "Clash the Truth" en 2013) relativement bien accueillis, et permettant à la formation de se forger un son "défini" entre Dream-Pop moderne et New-Wave nostalgique, le projet échappe aux radars aux alentours de 2014.

Et pour cause, le Dustin a besoin de temps. Nouveau chouchou du label indépendant "Captured Tracks" (Mac Demarco, Wild Nothing, ..), le mastermind qui, seul, compose, enregistre et crée ses propres artworks se décide à un ultime "DIY move" : fonder un label. Une poignée d'artistes signés et 3 ans plus tard, le nouvel effort Somersault est enfin accouché.

Introduit au groupe depuis peu, je commence par la fin en m'initiant à l'aide du dernier album en date, lequel semble en surprendre plus d'un d'après les réactions que je lis ici et là. De l'avis général, le groupe a changé, voir perdu quelque chose en route. Et pourtant...

Pourtant dès le début, le coup est plutôt bien senti. Passons "This Year", petite ritournelle acoustique apéritive, mais jetons nous sans ménagement sur ce "Tangerine" doux-amer, à la fois aérien et nerveux, à la fois pop et (post-)punk, bref, un savant cocktail sonore en forme de signature, sans ambition particulière, mais efficace. Dès l'intro de "Saint-Ivy", l'apport des cordes et de la flûte rappelle les expérimentations de Zero 7, groupe de trip-hop du début des années 2000 (dont la chanteuse Sia s'extirpera pour entamer une carrière solo) aux textures classieuses. Plus loin, la guitare s'envole et on se croirait perdu au milieu d'un Sgt. Peppers .. un peu facile vous me direz ?

C'est que cet album est d'une humilité touchante. Les références sont assez évidentes, et tout laisse à penser qu'après 4 ans de silence studio, le groupe a surtout décidé de se faire plaisir en jouant.
On entend du King Krule sur le spoken-word jazzy de "Rise", on frise le petit tube en puissance avec le single "Sugar", lequel pose les bases de cet album : une guitare sauvageonne croise le fer avec les nappes envoutantes de synthé, sous la houlette d'une section rythmique percutante, comme un coup de poing dans du coton. Le chant, complainte éthérée, parait presque annexe, mais le travail des chœurs laisse admiratif. La seconde partie de la tracklist suit cette petite logique ("Be Nothing" et son mantra nihiliste en étant l'exemple le plus remarquable) jusqu'au final "That's All for Now", délicatement conclu à la guitar slide.

Une bien belle découverte que cet album, hommage nostalgique à un son d'antan remis au gout du jour, mais quand c'est bien fait, j'en redemande !


Très bon   16/20
par Lulum


Proposez votre chronique !







Recherche avancée
En ligne
109 invités et 1 membre :
Poukram
Au hasard Balthazar
Sondages
Finalement, au vu des projets nés après leur désunion, vous êtes très content qu'ils aient splité:


At The Drive-In
Atari Teenage Riot
Big Black
Black Flag
Diabologum
Faith No More
Fu Manchu
The God Machine
The Murder City Devils
Refused