Pore

Dorsale

Dorsale

 Label :     Permis De Construire 
 Sortie :    1992 
 Format :  Album / CD   

Si Davy Jones Locker bénéficie encore d'une belle aura dans le milieu Indé, et à juste titre d'ailleurs, je trouve le projet solo de David Valli bien plus fascinant. Dans Pore, tout respire le minimalisme industriel : la photo, le nom des titres, de l'album, du groupe, la musique, tout est caractéristique d'une époque où "Métal Industriel" ne signifiait pas d'adopter un look Cyber Punk ridicule pour plaquer trois accords sur sa guitare en arborant un visage grimaçant derrière un masque à gaz. Ces trucs-là, c'est le décorum moderne qui cache trop souvent de la merde en barre, des mecs qui kiffent l'esthétique SM et qui doivent apprécier de se mettre un doigt dans le cul après une soirée tofu – vodka caramel, parce que c'est samedi et qu'on fait les fous. Ceux-là on n'en parle pas tellement ils font pitié.
Dans les 90's, faire du Métal Indus, cela avait un sens, une esthétique sociale de prolo encagé dans l'urbanité délirante. Et que tu t'appelles Godflesh, l'influence la plus évidente de Pore, Treponem Pal, Proton Burst ou M. Pheral, il était inconcevable de pratiquer ce style pour la hype. C'était sale, répétitif, hypnotique et je crois qu'en France c'est bien David Valli qui a porté le concept jusqu'à son extrême.
Seul avec sa guitare et des machines, Dorsale s'écoute aujourd'hui avec le même esprit de déshumanisation qu'en 1992. Ni le style ni le propos n'ont vieilli pour qui aime l'épuration maximale (un ou deux riffs par titres), les mids tempos agressifs et cette approche musicale tellement représentative des années 90.
Bien sûr Dorsale est un disque répétitif, dénué de mélodie mais son atmosphère est unique ("Radius") et, au final, lorsque ce style est joué ainsi, je crois que c'est l'un de mes favoris : inexorable, dénué d'âme, ne visant qu'à exprimer froideur et vide.


Bon   15/20
par Arno Vice


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