Fat White Family

Strasbourg [La Laiterie, Grande Salle] - vendredi 31 mai 2019

 Fat White Family
Il sera très désiré ce rappel de Fat White Family au bout de d'une dizaine de morceaux à ce qui a semblé. Finalement, le groupe des frères Saoudi ne reviendra pas en pousser une autre en supplément.

Mais revenons au début. Le chanteur se pointe avec son crâne tondu, une touffe laissée à l'arrière et se mettra vite torse nu, petit tatouage de cœur sur sa poitrine. Six membres sont alignés vers le bord de la scène. Seul, le batteur est en retrait, présentant une tête de cochon dans la grosse caisse. Le musicien au clavier et au saxophone tout à gauche ressemble par son look à Willy Deville. Les deux guitaristes et le bassiste portent des lunettes probablement pour ne pas trahir des cernes creusées (?). Pour la musique, on sait que par rapport aux disques où ils donnent souvent l'impression d'être tous défoncés, même sur quelques titres du dernier album en date, Serf's Up, malgré un aspect musicalement plus clean que le toxique Songs For Our Mothers, un concert de Fat White Family se démontre plus intense et cela sera le cas ici, dans la Laiterie. Peut-être trop au niveau sonore.

Débutée doucement avec le bluesy "When I Leave", peu à peu la soirée prend de l'ampleur. Au chant, Lias Saoudi met le feu, pousse des cris à la limite de s'en faire péter les veines du cou et laisse un temps quelques filets de bave ou de morve se coller au micro qu'il utilise (note : ne pas me réincarner en micro), avec un air de sale gosse souriant. Quant à ce que je penserai être Adam Harmer et non Saul Adaczewski plus tard, le guitariste s'affaire souvent à régler le son de son instrument. Les titres défilent en passant par "Feet" et la cadence lente et hypnotique de "Hits Hits Hits". Arrive l'un des meilleurs morceaux avec ses chœurs 'grégoriens' lancés à l'unisson par chacun des membres : "Taste Good With The Money" commence bien puis finit par virer à la cacophonie dans sa dernière partie par un refrain décalé, démarré trop tôt, source de désordre et de dissonances volontaires ou accidentelles qui suivent. Lias Saoudi éprouvera ses poumons et ses cordes vocales une dernière fois pour "It Is Raining In Your Mouth?", très velvetien sur l'album Champagne Holocaust, qui fermera ici les festivités chaotiques pour un public au devant encore affamé de son.

Au bout de cinq bonnes minutes au jugé, on finit par se rendre compte que le groupe ne reviendra pas. Engueulade en coulisse ou pas ? Fatigue ? Non adepte du rappel ? J'ai cru capter des petits soucis de communication entre des membres pendant le concert mais rien qui ne peut suggérer une tension interne. Je me fais peut-être des idées après tout. Je finis un peu exténué dans la tête à cause du déluge sonore supporté. Un peu déçu peut-être, aussi, ce qui est loin d'être le cas de visu chez d'autres personnes qui ont apparemment aimé la prestation des sept britanniques. Ce n'est sans doute que partie remise ... Bonne route au groupe jusqu'à une prochaine fois, peut-être.

Je ne peux pas dire qu'il était mauvais ce concert, loin de là, mais avec un son réglé trop fort, ça peut devenir pénible à la longue. C'est probablement l'âge ou la fatigue.


Bon   15/20
par Pascha


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