Netherlands Deathfest

Tilburg - Pays-Bas [Main Stage ; Second Stage] - vendredi 03 mai 2019

 Netherlands Deathfest
Comme l'année dernière, le Netherlands Deathfest, pour sa quatrième édition, ne saurait dignement commencer sans un arrêt en Belgique pour faire le plein de bières artisanales d'un peu partout dans le monde. Près de 200 bouteilles achetées à sept, plus un peu Lillet, c'était peut-être de l'excès mais, au final, on est revenu avec seulement six ou sept le lundi, c'est donc qu'on avait vu juste du côté de la consommation.
À l'inverse de l'année dernière où nous étions arrivés le jour même et avions donc manqué tout le début du festival, nous sommes cette fois-ci partis la veille car les festivités commençaient avec Rippikoulu, une formation finlandaise de Death Doom Métal qui a la particularité de n'avoir sorti que deux démos entre 1992 et 1993 puis un EP en 2014. C'était donc immanquable pour débuter en douceur à 16h, la nuit du jeudi ayant déjà bien arrosée, toujours dans la bonne ambiance qui caractérise notre petit groupe. Le set est plaisant si l'on apprécie leur style rétro mais pas suffisamment pour que je me fende d'un t-shirt au merchandising.
J'ai manqué Auroch pour cause de boissons à notre QG de l'année dernière, le Polly Maggoo, qui a cette année été supplanté par le Kandinsky dont l'éventail de choix a de quoi satisfaire les palais les plus exigeants en matière de levure. Je suis néanmoins de retour pour le premier groupe que je tenais absolument à voir ce premier jour : Anaal Nathrakh. Bon, ça fait quinze ans que les mecs sortent peu ou prou le même disque et environ autant que je n'accroche plus du tout mais, en dépit des recommandations peu élogieuses de mon ami Coco, je décidais tout de même d'aller écouter ce que pouvait donner en Live leur Necro Black Métal Industriel. Ce fut la première déception du festival : de longs discours qui ne servent à rien entre les titres et qui cassent le rythme, un son immonde (le chant disparaît parfois, les guitares sont noyées dans un magma sonore), des compositions qui se ressemblent toutes, je me fais clairement chier. Du coup, la seule branlée du jour viendra d'un groupe que je ne connaissais pas : 7H Target. Du Slam Brutal Death hyper efficace doté de plans techniques très intéressants avec un bassiste hallucinant, un putain de batteur et un chanteur vraiment énervé. Ils vendaient le t-shirt le plus dégueulasse, il tourne en ce moment même dans ma machine à laver. Conséquence directe de cette excellente découverte, c'est la déception absolue que me procura le concert de Cryptopsy. Ces mecs sont techniquement incroyables, cela je le savais déjà, mais sur scène, il n'y a pas grand-chose qui se passe. À mon avis, la Main Stage c'est trop pour eux et la Second Stage aurait amplement suffi. Résultat des courses, je zappe Fubar qui ne m'intéresse absolument pas, de même que Brujeria, que j'ai déjà vu et où je m'étais ennuyé. J'ai plus de regret pour Extinction of Mankind mais c'est bien imbibé que je reviens pour le la tête d'affiche de la soirée : Electric Wizard, du Stoner Doom. Ce n'est pas le genre de trucs dont je raffole, il y a une projection d'une espèce de film au croisement du psychédélisme, du vampirisme et du satanisme avec de grosses références avec Aleister Crowley, le jeu de lumières me rend quasi malade même si je reconnais que la prestation me met dans une espèce d'état second pas déplaisant.
Fin de soirée avec Morta Skud. Je n'y étais pas, trop de monde dans la petite salle, mais c'était apparemment très bien, ce dont je ne doute pas compte tenu de la qualité de leur Death Métal bien old school.
Deuxième jour. Normalement, nous aurions dû être présent à l'ouverture pour assister au concert de Father Befouled, excellent groupe de Death Métal américain et dont le dernier album en date Desolate Gods m'avait bien séduit de par sa pesanteur crasse. Hélas, ce sera pour une autre fois et c'est donc Jupiterian qui sera le premier groupe que nous verrons ce jour-là. Leur mélange de Sludge, de Doom et de Death est intéressant, la mise en scène parfaitement en adéquation avec la musique et je passe un bon moment devant la scène. Je saute ensuite l'étape Graveyard pour me rendre directement à ce qui doit être l'un des temps forts : les Finlandais de Krypts. Là, aucune déception, leur Death Métal est excellent, légèrement teinté de Doom, c'est sale et obscur, leur prochain disque Cadaver Circulation prévu pour fin mai devrait être terrible.
Je jette ensuite une oreille curieuse à Cenotaph mais comme ce ne sont pas les Turcs (il s'agit de l'homonyme anglais il me semble), je ne m'attarde pas trop, d'autant que leur approche mélodique ne me plaît pas des masses. C'est à se demander s'il peut y avoir un festival sans Gutalax (Goregrind) à l'affiche. Personnellement, je n'aime pas et préfère donc attendre 17h30 et Pestilence qui joue Consuming Impulse (1989) en intégralité. Bon, j'avais déjà assisté à leur récente date parisienne mais j'espérais que le son serait ce soir-là meilleur. Il le fut, de peu. Sinon, il n'y a rien de notable à retenir de la prestation, les mecs déroulent avec une qualité constante, sans surprises. Après cela, je ne remettrais plus les pieds dans une salle avant 21h30 pour Grave Miasma. J'ai donc manqué sans aucun regret Cliteater (Goregrind de deuxième division), Carpathian Forest (Black Métal), Butcher ABC (Death Grind) et les vétérans de Unleashed (Death Métal Viking). En revanche, Grave Miasma tient ses promesses : du Death qui sonne parfois comme les premiers Morbid Angel ou qui pourrait se rapprocher de Dead Congregation. Puissant, efficace mais un poil répétitif, ce qui fait que je déserte la Second Stage avant le dernier titre histoire d'être bien placé pour Tormentor, groupe Hongrois de Black surtout connu pour avoir Attila Csihar (Mayhem) au chant. Le show fut ridicule. Attila fait du "Air Inverted Cross", boxe dans le vide, les costumes sont dignes d'un mauvais Halloween et c'est musicalement plutôt triste. Bref, un concert foiré dans les grandes largeurs même si l'on a bien rigolé. On oublie Bethlehem et on se dit que ce samedi ne fut pas vraiment une réussite, avec trop de groupes de seconde zone ou qui ne tiennent pas leurs promesses.
Dernier jour. Cette fois on ne manque le début, c'est-à-dire Encoffination. Un guitariste-chanteur, un batteur pour un énorme Doom Death sur lequel il va falloir que je me penche plus sérieusement. Après ça, on enchaîne Holocausto Canibal, Possession et Phlebotomized. Concernant les premiers, c'est fidèle à ce que je prévoyais : du Death Grind sans grande malice, générique, et pour qui l'on se dit que 45 minutes c'est trop long. Les seconds envoient un Black Death Métal très efficace, certes classique mais parfaitement exécuté et qui parvient à développer de belles ambiances. Agréable donc, sans plus. Quant à Phlebotomized, qui a fait son grand retour en 2018 après environ 20 ans de silence, le concert fut tout bonnement excellent. Leur Death est hyper original, avec du clavier et des structures rares dans le style extrême, les nombreux fans n'ont pas été déçus je pense.
À la base, nous voulions tous voir Vomitory. Il était 16h, leur passage était programmé pour 19h, on était donc large d'autant que ce qu'il y avait entre ne me disait rien : Revenge, les Japonais d'Intestine Baalism (bon, sur ce coup j'ai déconné parce que j'en écoute en ce moment même et c'est très bon dans un registre plus mélodique), Mgla et Severe Torture. Il reste que lorsque nous avons pénétré la Main Stage, Vomitory lâchait son dernier accord. Conséquence immédiate : je ne me suis même pas arrêté et ai foncé à la Second Stage car, aujourd'hui, c'est Viscera Infest que je ne voulais pas manquer tant leur mélange de Brutal Death et de Goregrind est démentiel. Ce fut le chaos, avec notamment un batteur monstrueux et un mosh pit à la limite de la violence gratuite. Il doit y avoir des mecs qui poussent toute l'année de la fonte juste pour jouer les durs dans les pogos, la bière vole, les mecs tombent, c'est le bordel mais putain quelle prestation ! 40 minutes de pur carnage. Le reste de la soirée se passe à déconner aux bars de la salle, adieu Incantation et Prostitute Disfigurement, on fait quelques passages éclairs pour Deicide qui ne vaut le détour que lorsqu'il joue ses vieux titres et le festival se termine donc avec Naglfar, des Suédois pratiquant un Black Métal plutôt mélodique très (trop) proche de Dissection mais c'était quand même pas mal du tout pour clôturer ces trois jours.
Il reste que, comparé à l'année dernière, le bilan est mitigé. Déjà, du fait d'une scène en moins, il y avait moins de groupes. Une croix a donc été faite sur le Funeral Doom par exemple, de même que sur le pur Grind. Ensuite, les têtes d'affiche n'étaient pas au niveau. Electric Wizard, Tormentor, Deicide, si on compare avec Carcass, Emperor et At The Gates, c'est léger. Sans compter le fait qu'il y avait majoritairement des groupes de seconde division, bien moins intéressants que ceux de l'année passée. Enfin, il faudrait dire aux responsables lumières que foutre des stroboscopes à tout bout de champ, bah c'est chiant et ça casse la tête.
Pour le reste, ça reste un festival à taille humaine qui a l'avantage de se dérouler en intérieur et d'être situé en plein centre ville, très pratique pour sortir manger et boire un verre. Et puis il reste la bonne ambiance de la camaraderie. À refaire bien sûr.


Bon   15/20
par Arno Vice


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