La Ferme Electrique

Tournan En Brie [Ferme Du Plateau] - samedi 09 juillet 2016

La Ferme Electrique
10H.
Fait chaud, tellement chaud. On s'est mal démerdé pour le placement de la tente, indéniablement, et 3h de sommeil c'est un petit peu juste. Les gentils electric Farmers ont monté un micro stand pour le petit déjeuner, avec machine à café, jus de fruits, viennoiseries, on est arrivé au bon moment, juste avant de nous servir le farmer compte les dosettes restantes dans un silence de mort.... Il en reste 5 ! Laissons les personnes derrière nous se battre et partons avec notre café chaud, il est trop tôt pour tant de violence.
Direction le centre pour trouver un peu d'ombre en ville, on en profite pour se ravitailler, se sustenter et écouter un peu de rock cajun (il n'y a d'ailleurs que lui qui l'est) à l'ombre d'une terrasse avec The Cuckoo Sisters, avant une petite sieste bien méritée. On arrive dans l'antre pour The Agamemnonz, quatre nostalgiques en tunique rouge qui offre sous le soleil une surf music épique, chorégraphie travaillée à l'appui. Le public, plus nombreux que la veille semble ravi de cette aventure 60's aux airs de Dick Dale, en plein air qui plus est, histoire de profiter pendant quelques savoureuses minutes de l'ombre de la vieille bâtisse, on a même le droit à quelques courants d'air.

Voilà ensuite ce qui restera sans doute l'un des moments les plus marquants de ce samedi, voire de ce weekend, le Bruit Noir de Pascal Bouaziz & Jean Michel Pires. Pascal se montre très loquace entre les titres, un one man show cynique & pince sans rire qui fait mouche à chaque fois, contrastant avec les paroles des titres joués ce soir ("Requiem", "Joe Dassin", "Joy Division", "La Province" qui est très acclamée, ...) mais surtout, ils finissent ce concert par une reprise. Je ne remercie pas Pascal & Jean Michel pour cette découverte qui a poussée notre curiosité anthropologique à écouter plusieurs titres de ce duo le dimanche suivant. Il s'agit de PNL, & du titre "Ohlala". La reprise apporte une dose de mélancolie, en dépit des paroles parfois hilarantes malgré elles :
"J'suis dans un merdier, dans un cul de sac
Ah ouais, ta chatte, toi ferme ta gueule, toi ferme ta gueule
"
souvent incompréhensibles :
"La vie c'est dur, merlich j'suis dur, j'recoupe la pure 
Faut faire des ronds, un cœur de ice (alors j'réchauffe la lame) 
J'sais pas, j't'aime pas, tu m'aimes pas, bravo, bref

Va falloir en faire une étude de texte un de ces jours, pour bien saisir la poésie urbaine de ces deux jeunes gens.
Bruit Noir dans le noir, peut-être programmé un peu trop tôt séduire la masse, mais un grand moment.

On passe Chocolat sur les canapés, s'endormant presque en regardant les gens passer, dessiner, manger, se bisouter, pioncer, et en route pour le second groupe de filles du weekend, les bien nommées Decibelles. Un peu resté sur ma faim à l'écoute de leur ep, je sentais pourtant un réel potentiel scénique chez elles, et je peux vous dire qu'elles ont confirmé comme il faut ! Un son irrésistible, énorme, une setlist sans faute, avec leurs voix haut perchées et cette batteuse blonde qui gueule à s'en péter les cordes vocales sans arrêter de taper ses toms avec acharnement, le tout sans prétention, reléguant presque Savages en seconde zone. Elles sont super contentes de jouer là, devant nous, et le plaisir est partagé ! La foule se dirige comme un seul homme vers l'autre salle pour ce qui pourrait être la tête d'affiche, en tout cas le groupe le plus connu (sic) de la soirée, Electric Electric. C'est à toute blinde comme d'habitude, rapide, bordélique & très travaillé. Mais le souci avec eux -en tout cas le mien-, c'est qu'on frise l'overdose tant les titres sont complexes, ils en mettent partout sans repos pour les neurones ou les tympans. C'est d'ailleurs le seul concert pour lequel j'ai ressenti le besoin de mettre des bouchons, c'est à souligner. C'est tellement rare de nos jours de pouvoir écouter une vingtaine de concerts en 48h avec un niveau sonore normale, sans risquer les acouphènes... Bravo.

Vient maintenant ce qui est pour presque pour moi la seconde tête d'affiche du jour, Chocolat Billy.
Un monde sauvage s'ouvre à nous, un être à plusieurs membres qui se démultiplie pour un rendu indéfinissable, indescriptible, une folie douce s'empare de l'étable, il y a du vaudou là dessous, une sorte de transe similaire à celle contenu dans l'afro beat. Ils échangent les instruments, démontent la batterie pour jouer par terre, une bête curieuse se promène sur scène, on ne sait plus vraiment où on est mais on est content d'y être. Jetez vous sur Jacques & Ses Diverses Compagnes, vous m'en direz des nouvelles !

Balladur a la bonne/mauvaise idée de jouer à même le sol, au milieu de la foule, c'est vraiment très bon, mais fatigant de servir de carrefour humain pour ceux qui veulent se caler juste pile devant toi, surtout quand il s'agit d'un des deux seuls types plus grands que moi ce weekend. Las, Je vais vagabonder sur le site avant de rejoindre l'étable.

Attila Krang. Typiquement le groupe pour lequel on est heureux de venir à la Ferme. Trois fous, violon dégueulasse, batterie & percussions à presque faire rougir Neubaten, une guitare abrasive par dessus. C'est noisy, c'est profondément addictif, ça ne ressemble à rien sauf si vous êtes familier du catalogue de Mon Cul (qui a d'ailleurs coproduit leur premier disque), la fusion de l'Etable atteint son paroxysme avec leur reprise de "Cambodia" de Kim Wilde, où le public tout entier reprend le " OH oh oh " de l'espèce de refrain en s'égosillant, une de ces chansons qui vous reste en tête tout le weekend (avec PNL, merci Mr Bouaziz une nouvelle fois). La Miroiterie était toujours vivante l'espace d'un concert. Joie.

Dernier concert, le duo Rraouhhh. Synthés, bidouillages, boîte à rythmes & voix gueulardes. Sur la papier ça aurait vraiment tout pour me plaire, mais ça n'a pas pris, overdose de musique ou envie d'autre chose, on quitte la salle rapidement pour le comptoir, taillant une dernière fois le bout de gras avec l'équipe du festival, avant de retrouver les confortables canapés, puis les allées du camping, au son de Francis Bebey, de Ruth & de Comix.

Avec cette prog aux petits oignons chaque année, ce corps de ferme plus qu'accueillant et ses bénévoles vraiment chaleureux, je crois pouvoir dire que La Ferme Electrique est l'un des festivals les plus agréables que j'ai fait. Que rajouter de plus, sinon vivement l'année prochaine ! Merci la Ferme (quelle Ferme ?).


Excellent !   18/20
par X_Lok


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