The Victorian English Gentlemens Club

Paris [La Flèche D'or] - vendredi 25 avril 2008

Les concerts à la Flèche d'or, c'est toujours un peu frustrant: quatre ou cinq groupes pas toujours bien assortis qui n'ont que trois quarts d'heure chacun pour faire leurs preuves devant des spectateurs qui viennent souvent là parce que l'entrée est gratuite (et en dépit du fait que le demi est à 5 euros). Et puis il y a des soirs où on tombe sur une programmation pas trop mal foutue – et sans baby rockers. C'était le cas ce vendredi-là.

Certes, les poseurs français de This is Pop, ce n'est a priori pas trop ma tasse de thé. Pourtant, leur électro-rock bien tassé et exécuté avec énergie laisse une bonne impression avant d'attaquer le plat de résistance. En théorie, le plat de résistance, c'est le dernier groupe, Witch, et plus spécialement la mention "feat. J. Mascis of Dinosaur Jr.". Malheureusement pour moi, je n'avais pas lu jusqu'au bout : "feat. J. Mascis of Dinosaur Jr. on drums". Et effectivement, le dinosaure gratteux est bien décidé à ne pas sortir sa bobine de Gandalf bouffi de derrière les fûts, laissant la vedette à une bande de chevelus metallo-grunge peu inspirés. De toute façon, un trio gallois avait rassasié mon envie de rock cradingue avant leur arrivée en livrant un show échevelé.

Les auteurs de ce crime de lèse-majesté, c'est le Victorian English Gentlemens Club. Au premier rang, aux côtés d'un guitariste chanteur gentiment allumé derrière sa mèche blonde, une Kim Deal bis laboure sa basse et assène des vocalises avec enthousiasme. Mais le spectacle vient de l'arrière-plan, où une batteuse survoltée fait trembler la scène tout en assurant l'essentiel des chœurs et des annonces. Leurs morceaux s'inscrivent dans la lignée d'ancêtres comme Wire ou The Fall: des mélodies dissimulées dans des structures à la hache, et recouvertes sous un déluge de décibels plus ou moins ordonné. Mais c'est assurément l'ombre des Pixies qui plane sur ce concert, aussi bien au niveau d'un chant tour à tour harmonieux et criard, des riffs entêtants ou de la construction des morceaux.

Non contents d'avoir fait un peu d'ombre ce soir-là au vieux Jay, nos lascars pourraient bien se tailler une place de poil à gratter du rock britannique, quelque part entre McLusky et Art Brut.


Bon   15/20
par Myfriendgoo


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