Discussions et DérapagesPosté le 20 mars 2008 à 22 h 20m 57s |
Euh je selectionne un peu au niveau des forums car je ne suis pas trés au courant de l'actualités de tous les groupes tout de même...
Posté le 21 mars 2008 à 00 h 17m 51s |
- "Heart of Darkness" de Conrad. Le roman dont Coppola s'est inspiré pour "Apocalypse now" (notamment pour le personnage du colonel Kurtz, les intrigues et les époques étant nettement différentes). Un marin explique sa remontée du fleuve Congo à la poursuite du colonel Kurtz, qui, las de sa poursuite d'un idéal colon et civilisateur, horrifié par l'écart entre l'idéal prôné par ses supérieurs et l'horreur de la réalité quotidienne de l'exploitation d'ivoire et de l'"esclavage civilisé" (en gros, "petit Nègre, on t'exploite, toi et ton sol, et on te donne des cours de cathé... elle est pas belle, la civilisation ?"), perd tout contrôle sur ses pulsions et devient un espèce de Dieu vivant en plein coeur de la jungle, à la tête des tribus y vivant, perpétrant les exactions les plus cruelles, en plus d'entrer en révolte contre ses supérieurs. Ou comment une réalité apocalytique peut venir à bout du plus pur des coeurs. En plus de la fascination exercée sur les autres par le personnage qui est allé "au coeur des ténèbres" et met en oeuvre, sans censure ni retenue, ses désirs les plus fous.
La lecture donne le même sentiment d'irréalité et de fascination que le film, cette double impression que ce qui se passe ne devrait jamais arriver et qu'en même temps, c'est tout à fait normal dans un tel contexte, qu'il n'y pas de frontière entre raison et folie dans le cas de Kurtz comme chez tous les autres. On voit chaque personnage s'enfoncer dans "sa" folie et perdre pied (ce que le film rend très bien). Avec le recul que nous offre la position de lecteur ou de spectateur, on peut éprouver de la révolte vis-à-vis de ce qui arrive mais on comprend bien que sans recul, l'horreur aspire chacun des personnages à sa manière et que la pression qu'elle met sur chacun est telle que peu s'en sortent. Et ceux qui s'en sortent sont marqués à vie et que le retour à la "civilisation" est dur. Très fort.
- le 3 avril prochain, les éditions Tristram publient une nouvelle d'Arno Schmidt "Alexandre ou qu'est-ce que la vérité ?", qui raconte le voyage vers Babylone d'un jeune homme qui part rejoindre son oncle, qui est dans l'armée d'Alexandre le Grand. Pendant son voyage avec une troupe de comédiens, il est déniaisé dans tous les sens du terme: politique (où il perd ses illusions sur Alexandre le Grand lorsque lui sont révélés les "dessous" de ses exploits entre propagande et crimes de guerre) et sexuel (il se fait dépuceler par une des comédiennes). A noter que Schmidt a glissé nombre d'anachronismes dans son récit qui font bien comprendre qu'il y a finalement peu de différences entre le siècle d'Alexandre le Grand et celui d'Adolf (la nouvelle a été publiée dans les années 50). La traduction étant de Claude Riehl, je pense qu'il faut s'attendre à une superbe postface et un travail de documentation qui détailleront un maximum de finesses de cette nouvelle de Schmidt, qui est une des meilleures oeuvres de la période pendant laquelle Schmidt a travaillé et affiné son style.
Posté le 21 mars 2008 à 11 h 52m 45s |
L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon...
Facile à lire, très prenant, déambulation dans un Barcelone que je ne connais pas...
Posté le 21 mars 2008 à 12 h 09m 21s |
"L'idiot" de Dostoïevski et "Great Black Music" de Philippe Robert (une odyssée pertinente de la musique black des anées 50 à nos jours en une centaine d'albums. Politique, mystique, érotique...)
Posté le 24 avril 2008 à 14 h 44m 47s |
- "Alexandre ou qu'est-ce que la vérité ?" d'Arno Schmidt: j'ai finalement été un peu "déçu" par cette nouvelle mais c'est dû à ma connaissance de toute son oeuvre postérieure à cette nouvelle où il se fait plus arrogant (au bon sens du terme) et nettement plus énervé (comme dans Scènes de la vie d'un faune ou Enthémysis où rien n'est épargné à personne, pas même au narrateur) et à l'ambition que Schmidt avait en écrivant ce texte: mettre en perspective la fascination qu'il éprouvait pour Alexandre le Grand à l'époque où il était lycéen et comment l'arrivée au pouvoir d'Hitler a tout brisé pour le jeune idéaliste épris d'histoire et de littérature. Sur ce point, le travail d'auto-analyse et les anachronismes introduits dans le texte (notamment un passage où des militaires entonnent des chants de SA) sont somptueux et efficaces. De plus, la structure du récit se prête à merveille à cette mise en perspective (il s'agit du journal du narrateur, un jeune étudiant d'Aristote fasciné par les exploits et conquêtes d'Alexandre le Grand se rend à Babylone et fait chemin avec des comédiens nettement plus lucides et critiques vis-à-vis d'Alexandre et tombe amoureux de l'une d'entre elles mais ne parvient pas à se la faire alors que pourtant, on sent qu'il y a moyen, pour m'exprimer vulgairement). Le fait que ce soit un récit de voyage accentue encore plus ce sentiment: plus le héros se rapproche de Babylone où crèche Alexandre le Grand, plus il est amené à remettre en question ses pensées et lorsqu'il arrive enfin à Babylone, Alexandre meurt empoisonné à la demande d'Aristote (selon une des nombreuses hypothèses des historiens sur la mort d'Alexandre). Au niveau des descriptions et de la précision de la langue, on sent que Schmidt vient de trouver la voie qui caractérisera ses romans des années 50 et qu'il théorisera dans ses Calculs. Au final, une oeuvre surprenante par rapport à ses autres travaux de l'époque (1949) et annonciatrice de "Zettel's Traum" qui, je l'espère, sera traduit un jour en français.
- "La fille sans qualités" de Juli Zeh: pas encore fini mais c'est un roman très puissant sur la fascination (décidemment, le mot que j'eploie le plus sur ce forum !) réciproque entre 2 élèves (1 mec, 1 fille) d'un lycée de Bonn qui va pousser la fille à coucher avec un de ses profs suite à un jeu qui s'est établi entre les deux. Juli Zeh dépeint très bien le processus d'asservissement d'une jeune fille intelligente, libre et fière à la volonté ferme et furieusement barrée d'un manipulateur sans scrupules. La référence à l'oeuvre de Musil (l'Homme sans qualités, publié dans les années 30 et ayant pour cadre le Vienne d'avant WW1) est partout dans ce roman et cette recherche de la grandeur au sein de notre époque (qui est la mission assignée au héros de Musil par l'empereur austro-hongrois) est endossé par une galerie de personnages dont les motivations et quêtes existensielles sont explorées avec justesse par Juli Zeh. Bien plus ambitieux et réussi qu'une simple mise à jour du roman inachevé de Musil. A ne pas mettre entre toutes les mains, étant donné le risque d'identification fort à l'un ou l'autre des personnages. Une lecture prenante et exigeante. Le pied.
- "La colo de Kneller" d'Etgar Keret (ou de l'intérêt de filer un coup de main à la libraire de sa ville le jour de son retour du salon du livre): un court récit sur une ville-purgatoire où se retrouvent de nombreux suicidés après leur mort. Au bout d'un moment, le héros se fait chier et se met en tête de retrouver une fiancée qu'il n'a plus revu depuis très longtemps (de son vivant). Une touche de fantastique, beaucoup d'humour, une mélancolie non pesante et un style qui va à l'essentiel, mon coup de coeur du moment. Il a également écrit beaucoup de nouvelles regroupées dans les recueils "L'homme sans tête" & "Pipelines". Elles dépotent.
Posté le 25 avril 2008 à 08 h 23m 40s |
Du Mo Hayder
dont le TOKYO est vraiment une belle réussite loin du thriller habituel, je le conseille à tous
Posté le 25 avril 2008 à 13 h 41m 06s |
Le Télé 7 jours de mars 1995!! Super chouette mais la fin (sans rien dévoil) est triste
En parallèle je relis Les Frères Karamazov de Dostoievski
Posté le 25 avril 2008 à 13 h 41m 59s |
Aucun lien fils unique
Posté le 25 avril 2008 à 18 h 53m 42s |
Y dit qui voit pas le rapport...
Posté le 09 mai 2008 à 21 h 35m 34s |
Pendant que les traîtres essayent de se réapproprier l'héritage ...
http://www.lalibre.be/culture/livres/article/41837 ... encer.html
"rien n'a changé mais tout commence et va mûrir dans la violence "
Posté le 09 mai 2008 à 21 h 38m 03s |
Moi faudrait que je commence le dernier Tonino Benacquista et le dernier Maurice Dantec(acheté a sa sortie!
)
Posté le 10 mai 2008 à 19 h 23m 02s |
Je vais sans doute passé pour un conservateur mais j'aime trop Oscar Wilde, c'est d'la balle, très agréable à lire!! Je lis ses Contes et Récits, dont le célèbre Fantome des Cantervilles. Ca passe tout seul, posé dans l'herbe au soleil!
Posté le 10 mai 2008 à 20 h 44m 16s |
"les yeux jaunes des crocodiles" de Katherine Pancol
Bons personnages dans un style "proche" d'anna gavalda en mieux.
Posté le 10 mai 2008 à 20 h 59m 40s |
Je lis L'avenir n'est plus ce qu'il était de Richard Farina : l'histoire d'un pauvre type qui ne fait que se démonter la gueule sur un campus américain pendant les années 60, qui mange de la féta à longueur de journée et qui essaie de se taper des nanas. Ca se veut pseudo rock'n'roll, mais voilà
Sinon, les correspondances entre Musset et George Sand, un peu de Schopenhauer (surtout sur sa conception de la musique), les écrits esthétiques de Dali, et un gros bouquin sur le mouvement hippie.
Et j'ai bien envie de me plonger dans la pré-renaissance italienne, sur les primitifs comme Giotto, Cimabue, Simone Martini. Il me faudrait un livre dessus.
Posté le 10 mai 2008 à 23 h 56m 05s |
Je lis ma feuille d'imposition
Kirilov
Kaliayev
UpToTheSkies
Tomveil
X_Keyser José
Fox McCloud
Didou
TiComo La Fuera
