Discussions et Dérapages
SARKO-SHOW....
 


Posté le 16 juillet 2007 à 13 h 27m 09s

Houlà, une vanne d'étudiant en histoire, ça ...Tu veux dire qu'aux temps bibliques, les philistins étaient les ennemis des hébreux, et que c'est pour ça qu'un gars qui s'appelle Ismael, ben c'est sûr que de toute façon il peut pô les aimer

Mais tu n'es pas sans savoir qu'il existe un autre sens à ce mot. Pour un x-silencer, par exemple, un philistin est quelqu'un qui n'a jamais entendu parler de Sonic Youth.


Posté le 16 juillet 2007 à 16 h 13m 38s

Pas précisément... Ismaël, fils d'Abraham, est selon la tradition le père des Arabes. Notre ami doit être l'un des leurs. Il est donc au moins un cousin de ces Philistins dont les Palestiniens arabisés se réclament les descendants (à cause de l'étymologie plus qu'autre chose).
(Cela est imprécis mais j'abrège)

Ô fils d'Edom, tu n'es qu'un serpent qui se mord la queue...



Au pire je ne suis même pas un Philistin indé car j'ai trois CD de Sonic Youth .
Et mon pseudo faisant de moi un Grec, on me permettra de considérer IJ comme un barbare

---[Edité le 16/07/2007 à 16 h 15 par Trebizond]---

Posté le 16 juillet 2007 à 18 h 13m 39s

Deux indices : "Call me Ismael..." & les falaises de marbre.


Posté le 16 juillet 2007 à 18 h 46m 24s

Ah tiens! une thèse sur le prénom Ismael! c'est sympa

---[Edité le 16/07/2007 à 18 h 46 par Anthony]---

Posté le 16 juillet 2007 à 21 h 57m 34s

Tiens, au fait...J'ai une hypothèse à vous proposer pour essayer d'expliquer le don de quasi ubiquité dont fait preuve notre cher président.

Vous savez sans doute que la Pologne est actuellement gouvernée par deux frères jumeaux. Et si Sarkozy avait également un frère jumeau, formant avec lui un duo qui travaillerait sous une identité commune ?

---[Edité le 16/07/2007 à 21 h 58 par Oddie]---

Posté le 16 juillet 2007 à 21 h 59m 55s


Posté le 17 juillet 2007 à 09 h 42m 17s

Ca expliquerait bien des choses... C'est comme l'autre qui est fan de Francis Lalane, Army of lovers tout en écoutant Middleton, Asyl, Arab strap ou art brut


Posté le 17 juillet 2007 à 14 h 40m 19s

L'égalité des chances dans les filières prépas?
Je crois que tu as (volontairement) omis de parler de l'investissement que représente le simple fait de participer aux concours simone...

"Voyager beaucoup, s'investir dans des projets, avoir un travail intéressant..."

Ca va merci, mon petit job de fainéant dans le paramédical me comble de ce coté là en plus d'avoir l'impression de servir à quelque chose et de me laisser un peu de temps pour me consacrer à des activités à but non lucratif .

"Choper des minettes en école de commerce"

Ismael a raison...Il va vite déchanter

Une Audi, ça fait grille pain en plus d'avoir accessoirement 4 roues et un moteur?

dernier truc...

"Je préfère avoir une chaine Bang & Olufsen™ pour écouter Godspeed"
Ca s'écoute sur un vieux gramophone Godspeed


Posté le 17 juillet 2007 à 17 h 41m 20s

Mouais. Il est clair qu'on n'est pas du tout obligé d'approuver un tel matérialisme.

Enfin bon, chacun donne le sens qu'il peut à sa vie. Travailler beaucoup, c'est très bien, mais si c'est dans le seul but de vouloir consommer toujours plus, je trouve ça un peu limité et un peu triste.

Allez, spéciale dédicace à Simonesal : un grand classique à méditer.

http://www.youtube.com/watch?v=EYbUCvz1LYE


Posté le 17 juillet 2007 à 18 h 33m 57s

J'approuve les paroles d'Oddie.

Même si gagner plus (en travaillant plus) ne permet pas que d'acheter des écrans plasma chez Carrefour, mais aussi de se faire l'intégrale de Sonic Youth avec des LP hyper rares. Moins indé mais tout aussi séduisant, cela peut permettre de se payer un voyage...

Après cela dépend du niveau culturel de chacun, ou de ses ambitions...

Je me cite comme exemple : en donnant des cours particuliers alors que je suis étudiant (travailler plus pour gagner plus, donc) je me suis offert l'intégral de Proust en édition de luxe.


Posté le 17 juillet 2007 à 19 h 33m 51s

J'accorderais aussi à Simone que c'est toujours mieux de s'acheter une chaîne Bang&Olufsen afin d'écouter du Godspeed que de s'acheter la même chaîne et de s'en servir pour écouter le disque du dernier vainqueur de la star'ac.


Posté le 18 juillet 2007 à 13 h 19m 47s

Ca déchire le clip des Talking Heads pour illustrer ton propos, Oddie...

Moi, ce que je trouve impressionnant et qui commence à bien m'écoeurer quand je pense à la politique de Sarko & Cie, c'est la capacité que ce gouvernement a à se mobiliser sur les sujets qui fâchent ou en tout cas, ceux qui font le plus gueuler les Français "lambda". Par exemple, le coup du service minimum dans tous les domaines du service public ou de la mise en place du travail dominical en passant par les premières interventions de Sarko sur la scène internationale. Non pas que je sois fondamentalement aux actions menées mais je crains que le gouvernement s'attaque aux sujets "tape-à-l'oeil": par exemple, dans les transports, ce qui handicape quotidiennement les usagers, c'est les trains en retard, la maintenance à l'arrache de certaines lignes, des gares continuellement en mauvais état, des horaires qui font que les reureu qui font Paris -> St-Rémy soient irrespirables parce que les horaires sont mal répartis entre autres plutôt qu'une grève qui éclate lorsque les personnels sont excédés par leurs conditions de travail... quotidiennes. Ce serait plutôt à ça qu'il faudrait s'attaquer en premier, de mon point de vue d'usager pas toujours satisfait...

Bref, il me semble qu'on a un gouvernement de "choc" (comme le mag...) qui fait limite du racolage autour de son champion, notre père à tous, M. le Président... Le rêve français est en route, youpi !


Posté le 18 juillet 2007 à 13 h 32m 16s

Certes, mais je ne suis pas sûr que ce soit à l'Etat (qui si je ne me trompe ne détient pas 100% du capital de la SNCF et de la RATP) de régler les horaires de la compagnie des chemins de fer. Pour ce qui est de légiférer sur le "service minimum", c'est en revanche bien de sa fonction.

Il est cependant bien évident qu'une telle mesure, si juste soit-elle, est faite pour satisfaire l'électorat. Mais c'est le principe même de la politique


Posté le 18 juillet 2007 à 15 h 19m 01s

Pour le brillant Del4Candy (vous savez celui qui nie toute valeur et/ou pertinence aux opinions contraires aux siennes sans jamais pour autant les justifier par un argumentaire un tant soit peu solide) voici un peu de politique de comptoir

Une interview d'Alain Badiou (professeur de philosophie Normale Sup ULM) et une autre de Slavoj Zizek, soit deux des plus grandes figures philosophiques mondiales actuelles (autre chose que Finkielkraut, Alain Minc ou Glucksmann ) - enfin qui sait notre grand penseur jugera peut-être ça irrecevable et vide de sens (ce qui ne serait guère étonnant car comme disait le bon vieux Lino Ventura : "les cons ça ose tout c'est même à ça qu'on les reconnaît")
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Alain Badiou

Comment interprétez-vous les changements politiques et électoraux récents ?


Comme la véritable fin de la forme française de l'après-guerre : un système droite-gauche qui avait en partage un bilan très particulier de la guerre, du pétainisme et de la Résistance. Le système gaullo-communiste. Chirac était le Brejnev du gaullisme, c'est-à-dire celui qui conserve un système délabré, et dont l'idée prudente est qu'il vaut mieux ne rien faire. L'élection de Nicolas Sarkozy et le fait que des gens présumés de gauche entrent dans son gouvernement sonnent le glas de cet après-guerre. En attendant, quelle est cette nouvelle droite qui, n'étant plus gaulliste, est capable de siphonner les voix de l'extrême droite ? Disons les évidences : capitalisme décomplexé et réhabilitation à la fois factice et agressive du signifiant national.



Hormis les antiques maximes de la réaction "C'est très bien d'être riche" et "Que les pauvres travaillent plus et nous obéissent", le contenu positif du sarkozysme est incertain. Son contenu négatif est bien connu : persécution des étrangers, surtout s'ils sont ouvriers et/ou pauvres ; ministère spécial pour "s'occuper" des affaires de ces gens-là ; mise au pas répressive de la jeunesse populaire. La vraie campagne de M. Sarkozy n'a pas été l'élection présidentielle mais son action en tant que ministre de l'intérieur. Sa loi sur les étrangers, aussi scélérate que peu connue du public, et les rodomontades policières ont fait entrer de façon ouverte le lepénisme dans l'Etat et enterré l'"exception française". D'où la déconfiture totale de la gauche et de l'extrême gauche, cramponnées au consensus d'après-guerre.


Quelles conséquences ces changements politiques peuvent-ils avoir sur la vie intellectuelle ?


Le ralliement à M. Sarkozy symbolise la possibilité pour des intellectuels et des philosophes d'être désormais des réactionnaires classiques "sans hésitation ni murmure", comme dit le règlement militaire. Sont compris dans ce ralliement la fréquentation corrompue des riches et des puissants, la xénophobie antipopulaire et l'adoration de la politique américaine. Autrefois, quand un intellectuel était de droite, il avait des complexes. Même Raymond Aron en avait ! La séquence de l'après-guerre avait constitué le personnage bien typé de l'intellectuel de gauche. Nous allons assister - ce à quoi j'aspire - à la mort de l'intellectuel de gauche, qui va sombrer en même temps que la gauche tout entière, avant de renaître de ses cendres comme le phénix ! Cette renaissance ne peut se faire que selon le partage : ou radicalisme politique de type nouveau, ou ralliement réactionnaire. Pas de milieu.
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Un entretien avec Slavoj Zizek

Métaphysique du sarkozysme


A l'occasion de la parution du "Sujet qui fâche", le philosophe slovène évoque, dans la politique française, l'actualité de la droite et le sort de la gauche


Le Nouvel Observateur. - Lors de notre dernier entretien en novembre 2004, vous disiez que l'idéologie qui semblait amenée à triompher en France était une improbable synthèse de capitalisme décomplexé et d'esprit républicain ... Nous y sommes, non ?
Slavoj Zizek. - Le capitalisme global à l'état pur, ça ne marche jamais. Un alibi est toujours nécessaire. Il peut être populiste et médiatique, comme en Italie, ou bien multiculturaliste, dans l'Espagne de Zapatero. Ou encore patriote et étatiste à la manière française. Même en Chine le pouvoir redécouvre aujourd'hui la nécessité d'une justification théorique marxiste au capitalisme pur qui s'y pratique. La situation est en effet intenable : 2 000 émeutes ouvrières où l'armée doit intervenir par an. Un mélange assez obscène de marxisme rénové et de confucianisme y sert désormais là-bas de rustine sociale. Ici, je dirais que c'est le souci de l' "Identité nationale" qui semble amené à jouer ce rôle. N. O. - Lors de la présidentielle française , certains ont toutefois pu évoquer un "retour du politique", après des années d'unanimisme technocratique, europhile et rad-soc ... L'avez-vous perçu ainsi ?
S. Zizek. - Bien sûr que non. Au sujet de Sarkozy, je parlerais plutôt d'une repolitisation contre la politique elle-même. Sa réussite a justement consisté à faire passer ses adversaires pour des idéologues archaïques ayant raté le train enchanté du postpolitique, contrairement aux autres gauches européennes, le Labour Party ou la social-démocratie allemande. C'est pourquoi je n'ai été nullement surpris de le voir promouvoir un Bernard Kouchner. Celui-ci a de longue date été l'un des plus efficaces agents de la
dépolitisation par l'humanitaire. La tragédie de la gauche française, c'est de n'avoir su opposer aucune alternative à la puissante logique à l'oeuvre derrière Sarkozy, personnage il est vrai un peu ridicule. De la même façon que Kerry aux Etats-Unis n'avait fait que proposer une sorte de bushisme à visage humain, Ségolène Royal aura été une sorte de Sarkozy à visage féminin.
N. O. - Que suggérez-vous alors à la gauche, dans la mesure où le projet anticapitaliste que vous appelez de vos voeux semble n'avoir jamais eu aussi peu de crédit auprès de l'opinion ?
S. Zizek. - J'ai pour ma part été atterré par ces vieux gauchistes français qui souhaitaient quasiment la défaite de Royal pour qu'une "vraie" radicalité émerge enfin. Reste qu'un projet "de gauche" ne saurait plus longtemps se borner à demander un peu plus de justice sociale et à protester contre le racisme. Le drame aujourd'hui, c'est que même les questions économiques sont reformulées en termes exclusivement culturels par la gauche. On ne parle jamais de l'exploitation des immigrés, on s'inquiète seulement de notre intolérance à leur égard. Eh bien, prenez les discours de Martin Luther King, le plus grand moment de la lutte antiraciste américaine : le mot "tolérance" n'y apparaît jamais. Sa demande, elle est purement politique. Si la gauche française doit se refonder, elle ne peut non plus omettre de se demander si le système capitaliste fonctionne au niveau mondial. Car il ne fonctionne pas. J'ai bien peur que les catastrophes écologiques ou le problème biogénétique ne nous obligent du reste à redécouvrir très prochainement la nécessité du "grand acte politique". Idem pour la question brûlante des favelas. Des gens comme Agamben agitent le spectre d'une "société de contrôle" mondialisée. C'est l'inverse qui est vrai : des centaines de millions de gens échappent désormais à toute régulation étatique, et ce n'est pas une bonne nouvelle. N. O. - Tous les courants intellectuels dominants semblent justement unis aujourd'hui dans une hantise de ce "grand acte politique"... Tout projet collectif d'envergure serait porteur de menaces, voire de catastrophes totalitaires. Que répondez-vous à cela ?
S. Zizek. - Toute l'idéologie postmoderne tend en effet à ça. C'est au fond ce qui unissait déjà des penseurs aussi différents qu'Adorno, Karl Popper ou Levinas. Les horreurs du XX e siècle ne seraient au fond que la conséquence des Lumières, voire de toute la métaphysique occidentale. Il y a là l'idée qu'il ne peut plus y avoir d'Absolu que négatif : la Shoah ou le goulag. Tout Absolu politique positif nous ramènerait fatalement à ça. Eh bien, je crois qu'il est urgent de résister à cette vision. Tout simplement parce qu'elle est fausse dans les faits. L'ontologie spontanée de tous les totalitarismes, que ce soit celui de Hitler, de Mao ou de Cuba aujourd'hui, a toujours au contraire été un relativisme historiciste radical. La phrase fondamentale de Staline, c'est : tout dépend des circonstances. Nous manquons encore à cette heure d'une pensée conséquente de ce que fut au juste l'horreur stalinienne. C'est du reste le vrai reproche que j'adresserais à la version provinciale de ce courant d'idées que furent en France "les nouveaux philosophes". L'emblème de ça étant bien sûr "les Maîtres penseurs" de Glucksmann. Le coeur même des totalitarismes est resté impensé, et toutes sortes d'opportunistes sont venus remplir ce trou par de grandes généralisations vides.
N. O. - Les seuls penseurs français que vous preniez en compte dans ce livre, Alain Badiou, Jacques Rancière ou encore Etienne Balibar, sont justement ceux qui se voient fréquemment suspectés en France de passer outre les leçons de l'antitotalitarisme ...
S. Zizek. - Ce sont pourtant les seuls qui soient pris au sérieux aujourd'hui au niveau mondial. [ Rires. ] Mais cette méfiance est assez explicable : l'idéologie dominante aujourd'hui, c'est le matérialisme démocratique. Tout le monde prend Fukuyama pour un crétin d'Amérique, mais tout le monde au fond pense comme lui que la formule politique indépassable a été trouvée et que plus rien ne se passera "vraiment". Il est donc logique que des penseurs qui offrent enfin les moyens théoriques de commencer à rebâtir un universalisme engagé ne soient pas nécessairement acclamés.
N. O. - Il serait donc désormais possible de sortir de ce cercle postidéologique où , des décennies durant, la pensée est restée prise ?
S. Zizek. - Les deux fronts ennemis sont clairement identifiés en tout cas. D'un côté, un matérialisme extrêmement vulgaire qui tend à naturaliser le capitalisme. Un courant en passe d'envahir toute la pensée anglo-saxonne. De l'autre, le postmodernisme à la Derrida, c'est-à-dire la destitution de toute référence possible à quelque vérité transcendante que ce soit. Contre ces deux versants opposés d'un même néant idéologique, il s'agit de retrouver confiance en l'émancipation par l'universel. A la suite de Deleuze, je dirais ainsi que notre tâche la plus urgente est de redécouvrir l' "innocence de l'universel".


Posté le 18 juillet 2007 à 16 h 53m 04s

"L'ontologie spontanée de tous les totalitarismes, que ce soit celui de Hitler, de Mao ou de Cuba aujourd'hui, a toujours au contraire été un relativisme historiciste radical. La phrase fondamentale de Staline, c'est : tout dépend des circonstances. Nous manquons encore à cette heure d'une pensée conséquente de ce que fut au juste l'horreur stalinienne."

Le philosphe est subtil, mais l'historien inconséquent...




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