The Dirtbombs

Billiards At Nine Thirty

Billiards At Nine Thirty

 Label :     Sounds Of Subterrania 
 Sortie :    mardi 11 janvier 2005 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

En voilà un bel ovni ! Paru quasi-confidentiellement début 2005 sur un label allemand, Sounds of Subterrania.

L'histoire commence en 2004. Les Dirtbombs, en pleine promotion de Dangerous Magical Noise, profitent de quelques jours aux studios Tempermill pour enregistrer six titres qui doivent paraître sur un split-LP en compagnie de King Khan and His Shrines. Un split, pour les non-initiés, c'est un disque où deux groupes enregistrent chacun une face, aussi bien pour un single que pour un album. Et en matière de split, le groupe de Mick Collins s'y connaît ! On ne compte plus le nombre de split singles enregistrés par les Bombes Sales en bientôt quinze ans d'existence. Ici le concept est appliqué au LP : une face pour les Dirtbombs et l'autre pour King Khan And His Shrines. Plutôt simple, non ?

Billiards At Nine Thirty est le premier album où les Dirtbombs intègrent Ko Melina Zydeco et Troy Gregory arrivés en lieu et place de Jim Diamond et de Tom Potter quelques mois plus tôt. Troy Gregory en profite donc pour placer ses premières contributions, et si son influence se fait ressentir, ce n'est heureusement pas du côté de son ex-formation Floatsam & Jetsam, qui faisait dans le metal, qu'il faut chercher, mais plutôt du côté de la pop ectoplasmique de The Witches, l'un de ses innombrables projets. Ecoutez "Phantoms In A Lesser Crystalline Sphere", successivement éthéré et nerveux, ou "Born in a Haunted Barn" et les "Hoooo-Hoooo" de Ko Melina qui secouent les chaînes, on se dit qu'on tient vraiment une bonne recrue. Lorsque Collins reprend la main le temps de "Size Of Ottawa", on passe sous la barre de la minute mais ça donne un des tout meilleurs morceaux des Dirtbombs. Splendide.

King Khan, sorte de sosie de Little Richard, fait dans le rock psychédélique/freakbeat/R&B 60s. Pour tout dire je ne connaissais pas avant d'acheter ce disque, et c'est plutôt une bonne surprise. L'énergie que lui et son groupe dégagent sur la face B est proprement hallucinante, ce qui vient compenser grandement sa voix un peu faible. Ils en viendraient presque à voler la vedette aux Dirtbombs ! L'émulation a parfois du bon.

Soul-fuzz-punk démembré contre rock'n'roll 60s sous amphétamines, le tout présenté dans un sobre mais terriblement classe Digipak, mais aux notes de pochette dans la langue de Goethe. Vous savez ce qu'il vous reste à faire...


Excellent !   18/20
par El Moz


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