The Martinis

Smitten

Smitten

 Label :     Cooking Vynil 
 Sortie :    mardi 04 mai 2004 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

On l'avait oublié dans un coin de la maison, et lorsqu'on l'a retrouvé, il était sous une pile de vieux papiers. Smitten, par The Martinis. Depuis combien de temps était-il là ? Mystère. On se rappelle alors l'avoir cherché partout.
The Martinis sont à l'image de leur guitariste, Joey Santiago : discrets, ne sachant pas se mettre en avant, ils sont presque transparents. Ils peuvent bien sortir un excellent disque, tout le monde s'en fout. Il faut dire que niveau timing il leur reste beaucoup à apprendre.

1993 : Frank Black vient de tuer Black Francis et les Pixies. Pour éviter que la dépression post-split ne prenne le dessus, Joseph Alberto Santiago décide de fonder son propre combo rock en compagnie de sa chère et tendre, la chanteuse Linda Mallari. En fait de groupe, il s'agit surtout d'un duo. Onze ans plus tard, sort enfin l'album : Smitten.
Mais au fait, en quelle année sommes-nous ? 2004, tu l'as dit bouffi. Les Pixies ressortent de terre, prêt à bouffer les tonnes de billets verts qu'on leur balance. Et Smitten passe à la trappe, noyé dans la déferlante de la reformation des Farfadets. Qu'est-ce que le monde du rock a manqué ? Pas un chef-d'œuvre bien sûr, mais un excellent album. Sorte d'hybride entre Janis Joplin et Grace Slick, Madame Santiago a du coffre, et de plus, compose et écrit tous les morceaux.

Une section rythmique discrète mais efficace assure le minimum syndical (deux bassistes et deux batteurs se sont ici partagés la tâche), Linda Mallari s'égosille donc, tandis que son guitariste de mari, véritable dépositaire du Pixies Sound, retrouve le jeu de ses jeunes années, aussi économe qu'agressif, à mi-chemin entre Dick Dale et Link Wray. Les fans des Pixies comme du jeu unique de Santiago se délecteront des miaulements de la Gibson Les Paul mis au service de chansons rock nerveuses, concises ("Flyer"), aux changements de rythme bien trouvés ("Right Behind You", "People In The World"), et qui ne verse jamais dans cette caricature des Pixies qu'on aurait pu craindre.

Et si des titres comme "New Scene" ou "Invisible", trop sages, trop tièdes, déçoivent un peu, il faut néanmoins se rendre à l'évidence : Smitten est un excellent disque sur lequel il convient de ne pas faire l'impasse, et qui nous offre sur un plateau une power pop efficace et racée. Gouleyant... Mais quoi de plus normal quand on se nomme The Martinis ?

Trève de mauvais jeu de mots, voici un disque à (re)découvrir sans plus attendre.


Excellent !   18/20
par El Moz


Proposez votre chronique !







Recherche avancée
En ligne
Au hasard Balthazar
Sondages
Les Pochettes de disques, elles vous font quel effet ?